‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 193 sur 493 · Page · texte numérisé non relu

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ques vivaient retirées, qu'elles ne quittaient guère leurs appartements sans être voilées et accompagnées1.» Tous ces critiques si préoccupés de la couleur locale ne tombent-ils pas souvent eux-mêmes dans une confusion d'époques? Le siècle d'Euripide, tout comme notre dix-septième siècle, a sans nul doute commis plus d'un anachronisme contre les moeurs des temps héroïques; et c'est peut-être d'un de ces anachronismes que Schlegel s'armait pour en reprocher un à Racine. Si la cour de Thésée ne ressemblait pas beaucoup à la cour de Louis XIV, elle ne devait pas beaucoup plus ressembler à une maison athénienne au cinquième siècle. Nous ne nous figurons pas les héroïnes de ce temps, les Pasiphaé, les Ariane toujours enfermées au gynécée ; elles avaient évidemment quelques aventures dans les forêts, parmi les rochers. Pourquoi tant s'étonner que « la vertueuse Aricie donne rendez-vous à son amant dans des lieux écartés des habitations humaines2 ? » Cette fois, chose piquante, c'est Schlegel qui ne trouvait pas Racine assez strict observateur du décorum et de l'étiquette. Vers la fin de sa Comparaison, le critique, pour mieux faire ressortir sans doute l'altération des tragiques beautés de la pièce antique par l'intrigue qu'y avait substituée un poète sans vigueur, proposait avec quelque ironie un nouveau dénoûment, qui eût fait de Phèdre une tragicomédie : « Il n'y avait aucune nécessité de faire mourir Hippolyte. Phèdre pouvait se tuer, persuadée que la malédiction de Thésée pousserait Hippolyte à sa perte; Thésée pouvait être éclairé à temps sur l'innocence de son fils; il pouvait révoquer ses vœux adressés à Neptune. Hippolyte pouvait revenir sur la

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