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a Hélas ! hélas ! comment pourrai-je me désaltérer dans les eaux pures d'une source fraîche? Quand me reposerai-je couchée sous les peupliers, au milieu d'une prairie ombreuse?... Conduisez-moi sur la montagne.... O Diane, souveraine de Limna, où, sur les bords de la mer, on exerce les bruyants coursiers, que ne suis-je au milieu de tes plaines^ domptant les chevaux venètes ! » (Euripide, Hippolyte, vers 207-231.)
Ovide a imité ce passage d'Euripide dans VÉpître de Phèdre à Hippolyte, aux vers 37-46, dont les deux derniers ont une assez grande analogie avec ceux de Racine :
Sœpe juvat versare levés in pulvere currus, Torquentem frenis ora sequacis equi.
PHÈDRE
OEnone , la rougeur me couvre le visage :
Je te laisse trop voir mes honteuses douleurs ;
Et mes yeux , malgré moi , se remplissent de pleurs 1 .
OENONE
Ah ! s'il vous faut rougir, rougissez d'un silence 1 8 5
Qui de vos maux encore aigrit la violence.
Rebelle à tous nos soins , sourde à tous nos discours ,
Voulez-vous sans pitié laisser finir vos jours?
Quelle fureur les borne au milieu de leur course ?
Quel charme ou quel poison en a tari la source ? i g ,»
Les ombres par trois fois ont obscurci les cieux
Depuis que le sommeil n'est entré dans vos yeux ,
Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure
Depuis que votre corps languit sans nourriture2.
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« Malheureuse, qu'ai-je fait? où ai-je laissé égarer ma raison? Le délire s'est emparé de moi, la malédiction d'une divinité m'a perdue!... Mère, cache encore mon visage; je rougis de ce que je viens de te dire. Cache-moi; les larmes tombent de mes yeux, et je sens que la honte trouble mes regards. » (Euripide, Hippolyte, vers 239-246.)
2. Dans Euripide également, le chœur ayant dit en parlant de Phèdre (vers 274):
'Qç àadevet rz xat xars^avrai défiKçl
a Comme son corps languit et s'est amaigri ! t> la Nourrice répond (vers 275) :
Ilwç <?' ou- T|5iTaiav y' oua' oiaiTOç Y)fispav.
« Comment s'en étonner? voici le troisième jour qu'elle reste sans nourriture. »
C'est ce que le chœur lui-même dit un peu plus haut en ces termes plus ornés :
Tàv<?£ xar' ot/y.&poçîov 'S.TÔfj.a.roç, ôty.£pu.v
Aâ//aT|90ç àxrâç déftxç &yvov î's/etv,