‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 218 sur 493 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Plût aux Dieux que mon cœur fût innocent comme elles1 !

OENONE

Et quel affreux projet avez-vous enfanté Dont votre cœur encor doive être épouvanté?

PHÈDRE

Je t'en ai dit assez. Epargne-moi le reste. 225 Je meurs, pour ne point faire un aveu si funeste.

OENONE

Mourez donc , et gardez un silence inhumain ;

Mais pour fermer vos yeux cherchez une autre main.

Quoiqu'il vous reste à peine une foible lumière ,

Mon âme chez les morts descendra la première. 2 3o

Mille chemins ouverts y conduisent toujours2,

Et ma juste douleur choisira les plus courts.

Cruelle, quand ma foi vous a-t-elle déçue?

Songez-vous qu'en naissant mes bras vous ont reçue ?

Mon pays, mes enfants, pour vous j'ai tout quitté. 2 3 5

Réserviez-vous ce prix à ma fidélité ?

PHÈDRE

Quel fruit espères-tu de tant de violence ? Tu frémiras d'horreur si je romps le silence.

OENONE

Et que me direz-vous qui ne cède , grands Dieux !

A l'horreur de vous voir expirer à mes yeux 3 ? 240

/ 1. Tpofôç. 'A'/vàs fj.lv, Si noiï, xeTpoa; ctï/j.a.TOç yépeiç. $u.i§p<x.. XeZpeç /xsv tx/voù, fpïiv <T s'xei fj.îv.ap.oi rt.

« ia nourrice. O ma fille, tes mains sont pures de sang. — phÈdre. Oui, mes mains sont pures; mais sur mon âme il y a une souillure. » (Euripide, Hippolyte, vers 3i6 et 3 17.)

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