‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 237 sur 493 · Tout cet endroit est imité de Sénèque (vers · texte numérisé non relu

Tout cet endroit est imité de Sénèque (vers

PHiED. Hippolyte, sic est : Thesei vultus amo Illos priores, quos tulit quondam puer,

Quum prima puras barba signaret gênas, < Monstrique csecam Gnossii vidit domum, Et longa curva jila collegit via.

Quis tum ille jfulsit!

Tuseve Phœbes vultus (inerat), aut Phœbi mei, Tuusve potins : talis, en talis fuit,

Quum placuit hosti

Est genitor in te totus ; et torvse tamen

PHÈDRE

L'amour m'en eût d'abord inspiré la pensée.

C'est moi , Prince , c'est moi dont l'utile secours 6 55

Vous eût du Labyrinthe enseigné les détours.

Que de soins m'eût coûtés cette tête charmante !

Un fil n'eût point assez rassuré votre amante.

Compagne du péril qu'il vous falloit chercher,

Moi-même devant vous j'aurois voulu marcher; 660

Et Phèdre au Labyrinthe avec vous descendue

Se seroit avec vous retrouvée , ou perdue.

HIPPOLYTE

Dieux! qu'est-ce que j'entends? Madame, oubliez-vous Que Thésée est mon père , et qu'il est votre époux ?

PHÈDRE

Et sur quoi jugez-vous que j'en perds la mémoire , 66 5 Prince? Aurois-je perdu tout le soin de ma gloire?

HIPPOLYTE

Madame, pardonnez. J'avoue, en rougissant, Que j'accusois à tort un discours innocent.

Pars aliqua matris miscet ex aequo decus. In ore Graïo Scyihicus apparet rigor.

Si cum parente Creticum intrasses fretum, Tibi fila potius nostra nevisset soror.

— Voici comment Robert Garnier, avant Racine, a imité Sénèque:

hipp. C'est l'amour de Thésée qui vous tourmente ainsi.

phèd. Hélas ! voire, Hippolyte, hélas ! c'est mon souci.

J'ai, misérable, j'ai la poitrine embrasée

De l'amour que je porte aux beautés de Thésée,

Telles qu'il les avoit lorsque bien jeune encor

Son menton cotonnoit d'une frisure d'or7

Quand il vit étranger la maison Dédalique

De l'homme mi-taureau, notre monstre Crétique.

Hélas ! que sembloit-il ? Ses cheveux crépelés

Comme soye retorse en petits annelets

Lui blondissoient la tête

Sa taille belle et droite, avec ce teint divin, Ressembloit, égalée, à celle d'Apollin,

A celle de Diane, et surtout à la vôtre

Si nous vous eussions vu, quand votre géniteur Vint en l'île de Crète, Ariadne ma sœur Vous eût plutôt que lui de son fil salutaire Retiré des prisons du roi Minos, mon père.

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