Voyez ci-après, p. 4&1 et
NOTICE
de croire que la tragédie composée à son intention lui appartenait, et même la tradition des représentations d' Esther s'y perpétua, reprise de loin en loin dans des occasions qui rappelaient jusqu'à un certain point, avec bien moins d'éclat toutefois, la gloire des premières années. En la reine Marie Leczinska, qui visitait assez fréquemment Saint-Cyr, désira qu Esther y fût jouée en sa présence. Malheureusement elle \J n'en fut pas aussi charmée que l'avait été Mme de Main tenon, n'y ayant point le même intérêt personnel, et d'ailleurs moins en état sans doute d'en goûter toutes les beautés. Elle dissimula à peine son ennui 4. Il y eut encore, en 1756, une représentation honorée par la présence d'augustes spectateurs. La Gazette de France du 17 janvier 1736 en fait mention : « De Versailles, le i5 janvier 1736. Aujourd'hui, Monseigneur le Dauphin a dîné chez Madame la Dauphine, avec Madame, Mesdames Victoire, Sophie et Louise, et les dames de leur suite, à une table de quarante couverts. Ce prince et ces princesses ont assisté cet après-midi, dans la maison royale de Saint-Cyr, à la tragédie d' Esther, représentée par les Demoiselles de cette maison. » Le duc de Luynes, dans ses Mémoires1 , donne plus de détails : « Monseigneur le Dauphin, dit-il, Madame la Dauphine et Mesdames.... partirent un peu après deux heures. En arrivant dans la maison, ils furent reçus à la porte par Monsieur l'évêque de Chartres et par Mme du Han, supérieure; ils furent conduits tout au haut de la maison dans la salle du théâtre — Racine, fils du grand Racine, et père de celui qui vient de périr à Cadix, étoit à cette pièce; il s'étoit occupé depuis trois ou quatre mois à instruire les pensionnaires; il a même fait un