ACTE II, SCÈNE I
Lorsque d'un saint respect tous les Persans touches
N'osent lever leurs fronts à la terre attachés 1 ,
Lui, fièrement assis, et la tête immobile,
Traite tous ces honneurs d'impiété servile, 4 3o
Présente à mes regards un front séditieux,
Et ne daigneroit pas au moins baisser les yeux.
Du palais cependant il assiège la porte 2 :
A quelque heure que j'entre, Hydaspe, ou que je sorte,
Son visage odieux m'afflige et me poursuit; 43 5
Et mon esprit troublé le voit encor la nuit.
Ce matin j'ai voulu devancer la lumière :
Je l'ai trouvé couvert d'une affreuse poussière,
Revêtu de lambeaux, tout pâle. Mais son œil
Conservoit sous la cendre encor le même orgueil. 440
D'où lui vient, cher ami, cette impudente audace?