MITHRIDATE , PHARNACE, XIPHARÈS
MITHRIDATE
Approchez, mes enfants. Enfin l'heure est venue 1 7 5 5 Qu'il faut que mon secret éclate à votre vue. A mes nobles projets je vois tout conspirer2; Il ne me reste plus qu'à vous les déclarer.
Je fuis : ainsi le veut la fortune ennemie. Mais vous savez trop bien l'histoire de ma vie 760 Pour croire que longtemps soigneux de me cacher, J'attende en ces déserts qu'on me vienne chercher. La guerre a ses faveurs, ainsi que ses disgrâces. Déjà plus d'une fois, retournant sur mes traces, Tandis que l'ennemi , par ma fuite trompé , 765 Tenoit après son char un vain peuple occupé, Et gravant en airain ses frêles avantages , De mes Etats conquis enchaînoit les images, Le Bosphore m'a vu , par de nouveaux apprêts , Ramener la terreur du fond de ses marais, 770 Et chassant les Romains de l'Asie étonnée , Renverser en un jour l'ouvrage d'une année. D'autres temps, d'autres soins. L'Orient accablé Ne peut plus soutenir leur effort redoublé.
i.Var. Venez, Princes, venez. Enfin l'heure est venue. (1673) i.Var. A mes justes desseins je vois tout conspirer. (1673-87)