‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 384 sur 493 · Tome I, p. 141. — 2. Voyez au même tome, p. i5o · texte numérisé non relu

Tome I, p. 141. — 2. Voyez au même tome, p. i5o

NOTICE

le dérouta. On jugea donc qiïJthalie, malgré ses beaux vers, était sans intérêt. Les ennemis s'acharnèrent sur une œuvre si peu soutenue par l'opinion générale. Ils n'eurent pas honte de la poursuivre des plus absurdes invectives. On attribue à Fontenelle, qui, nous le croyons pour son honneur, n'était pas capable d'écrire d'aussi plates injures, cette épigramme que l'on trouve dans le Recueil Maurepas*, où elle est rapportée à l'année 1691 :

Gentilhomme extraordinaire, Poète missionnaire, Transfuge de Lucifer, Comment diable as-tu pu faire Pour renchérir sur Esther ?

Le même recueil 2 donne aussi à la date de 1691 le quatrain suivant :

Racine, de ton Athalïe Le public fait bien peu de cas.

Ta famille en est anoblie, Mais ton nom ne le sera pas ;

et ces autres vers :

Quand tu récitois Athalie, Je disois d'une âme ravie :

1. Tome VII, fol. n5. — Il serait moins difficile de croire L'épigramme de Fontenelle, si l'on en adoptait une version très-différente, donnée, d'après un ancien recueil manuscrit, dans les OEuvres de Racine, édition de la Harpe (1807, tome V, p. a85, Additions des éditeurs) :

Pour expier ses tragédies,

Racine fait des psalmodies

En style de Pater noster.

Moins il peut émouvoir et plaire,

Plus l'œuvre lui semble exemplaire.

Mais pour nous donner pis qu' Esther,

Comment Racine a-t-il pu faire ?

Voltaire , qui croit ces vers de Fontenelle , cite ainsi les deux derniers dans son Discours historique et critique à l'occasion de la tragédie des Guèbres {OEuvres, tome IX, p. 16) :

Pour avoir fait pis qvCEsther, Comment diable as-tu pu faire ?

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