‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 394 sur 493 · Pages · texte numérisé non relu

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n'avons pas cru devoir réimprimer entièrement ces Sentiments de t Académie sur Athalie, qui ne pouvaient, ni par leur date (nous ne parlons pas de celle de la tardive publication), ni par l'importance delà critique, être un événement littéraire comme les Sentiments sur le Cid. Nous en citons seulement dans les notes de la pièce ce qui nous a paru le plus intéressant à mettre sous les yeux du lecteur.

Voltaire a très-souvent parlé $ Athalie. Il en a fait d'abord l'éloge le plus enthousiaste; plus tard on rencontre chez lui de singulières restrictions aux louanges qu'il lui donne. Littérateur et poète, il admirait, il était charmé, ravi; homme de parti, philosophe ennemi de la religion qui avait inspiré l'auteur d' Athalie, il se débattait, il se révoltait contre sa propre admiration; mais par là même il en attestait la vivacité, puisqu'il ne pouvait entièrement l'abjurer en dépit d'une passion qui avait fini par la lui rendre si difficile. Dans la lettre qu'il écrivait au marquis Maffei, pour lui dédier Mérope, jouée en 174^, il disait : «La France se glorifie d' Athalie : c'est le chefd'œuvre de notre théâtre; c'est celui de la poésie1. » 11 en parlait de même dans son Épttre a la duchesse du Maine, en tête cVOreste (1750) : « L'ouvrage le plus approchant de la perfection qui soit jamais sorti de la main des hommes, resta longtemps méprisé; et son illustre auteur mourut avec le chagrin d'avoir vu son siècle, éclairé, mais corrompu., ne pas rendre justice à son chef-d'œuvre2. » Le plus beau rôle de la pièce fut la pierre d'achoppement où Voltaire se heurta. Ce n'est pas qu'il ait jamais nié expressément la beauté dramatique du personnage de Joad, la vigueur avec laquelle est peinte cette subiime figure; mais cet exemple d'énergie sacerdotale l'irritait : un séditieux portant la tiare était bien plus exécrable à ses yeux que tous les tyrans couronnés. 'Joutes ses sympathies étaient pour Athalie, ses antipathies pour Joad. Il y a un essai de conciliation entre son admiration et son déplaisir dans ce passage du Dictionnaire philosophique 3 : « Je ferais ici l'éloge de cette pièce, le chef-d'œuvre de l'esprit humain, si tous les gens de

E. OEuvres de Voltaire, tomeV, p. 101.

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