Port -Roy al, tome V, p. 5oi-5o
2. Voyez ci-après la note sur le vers i653 à? Athalie. — Dans l'annotation de la pièce, nous avons fait usage des notes recueillies dans les papiers de Racine, et qu'on avait déjà citées, mais un peu moins complètement, dans quelques éditions de se* OEuvres. Elles se trouvent dans les manuscrits donnés à la bibliothèque du Roi par Louis Racine, qui
NOTICE
exemples mêmes qu'il a choisis pour son apologie, qu'il a entendu réduire cette apologie à ceci : « Il s'agit de la cause de Dieu, qui peut vouloir aveugler ses ennemis : » justification sans réplique, lorsqu'il s'agit d'une pièce sacrée, œuvre d'un croyant, écrite pour des croyants. Louis Racine n'avait que faire, pour défendre Joad, de citer, dans ses Remarques sur Athalie, les opinions de Grotius tirées de son traité de Jure belli et pacis.
La Bible, étudiée et comprise à la lumière de la vérité chrétienne, voilà le modèle que s'est proposé Racine, le guide qu'il a constamment suivi. On ne prouverait nullement, comme quelques-uns ont prétendu le faire, qu'il s'en fut un moment écarté, parce que l'on montrerait un souvenir du théâtre grec qui serait venu se mêler dans son esprit aux inspirations puisées dans les saintes Écritures. Il y a certainement des rapports frappants entre un petit nombre de passages de Ylon d'Euripide et quelques parties du rôle de Joas. Brumoy les avait signalés brièvement dans son Théâtre des Grecs1. M. Patin a mieux que nul autre tiré tout le parti possible de ce rapprochement, dans l'examen qu'il a fait de la pièce d'Euripide : « Nous possédons, dit-il2, une tragédie dont la conduite est également soumise à l'influence manifeste de la Divinité, qui ^ se passe de même dans un temple, où l'on voit, comme ici, paraître un jeune lévite dans toute l'innocence du premier < âge, toute la sainteté du sacré ministère; où, par une suite d'événements non moins merveilleux, un enfant se trouve rap- ' proché de parents cruels qui, sans le connaître, veulent le perdre, et porté, à leur confusion, sur le trône dont ils descendent. » M. Patin fait encore remarquer que dans Y Ion on retrouve, non-seulement la beauté de quelques détails admirés dans Racine, mais « quelque chose de la naïveté enfantine de v Joas, de la curiosité inquiète d'Athalie, du tour si familièrement s tragique de leur entretien. » Il est vraisemblable en effet que Racine avait été frappé de cette intéressante figure du jeune
a mis ce petit avertissement en tête des feuillets où son père les a écrites : « Quelques remarques écrites par Jean Racine, dans le temps apparemment qu'il eomposoit son Athalie. »