ACTE I, SCÈNE I
Aura sur l'horizon fait le tiers de son tour1,
Lorsque la troisième heure aux prières rappelle , i 5 5
Retrouvez-vous au temple avec ce même zèle.
Dieu pourra vous montrer par d'importants bîenfaiu
Que sa parole est stable et ne trompe jamais.
Allez : pour ce grand jour il faut que je m'apprête2,
i . « On voit par le vers suivant que c'est le quart, et non pas le tiers. » {Sentiments de V Académie.) Louis Racine, dans ses Remarques sur Athalie , discute ainsi cette question : « La troisième heure, chez les Juifs, étoit celle que nous appelons neuf heures du matin. Pourquoi donc le poète dit-il qu'alors le soleil aura fait le tiers de son tour? Ne devoit-il pas plutôt dire le quart? Puisqu'il pouvoit également dire le quart, il n'a pas dit le tiers sans raison. En prenant le jour naturel, qui est de vingt-quatre heures, et que nous comptons d'un minuit à l'autre, minuit étant le point d'où nous supposons le soleil s'avancer sur l'horizon , il a fait à huit heures du matin le tiers de son tour ; mais il n'y a pas d'apparence qu'il parle du jour naturel, parce que les Juifs le comptoient d'un coucher de soleil à l'autre, et que d'ailleurs, puisqu'il ajoute sur V horizon, il parle du jour artificiel. Il suppose donc que, dans la Judée, au temps de la fête de la Pentecôte, le jour artificiel étoit de quinze heures : le soleil se levant environ à quatre heures, et se couchant environ à sept, il achevoit le tiers de son tour à neuf heures, la troisième heure chez les Juifs. » Il faut toutefois remarquer que la division des heures ne paraît pas avoir été connue chez les Hébreux, du moins avant la captivité de Babylone. « Autrefois les Hébreux et les Grecs, dit le P. Lamy [Introduction à l'Écriture sainte , livre I, chapitre v, p. 76), ne divisoient les jours que parles trois différences sensibles du soleil, lorsqu'il s'élève, lorsqu'il est sur nos têtes, et lorsqu'il se couche; c'est-à-dire qu'on ne comptoit que le matin, le midi et le soir. Ce sont aussi les seules parties du jour qu'on trouve distinguées dans l'Ancien Testament. Le jour n'avoit pas encore été partagé en vingt-quatre heures. Depuis, les Juifs et les Romains divisèrent le jour, c'est-à-dire le temps où le soleil éclaire, en quatre parties, composées chacune de trois heures. Mais ces heures sont différentes des nôtres, en ce que les nôtres sont toujours égales, puisqu'elles font toujours la vingt-quatrième partie du jour; au lieu que parmi ces peuples, l'heure n'est que la douzième partie du temps où le soleil est sur l'horizon.... Les heures d'été étoient plus longues que celles d'hiver. La première heure commençoit au lever du soleil; midi étoit la sixième, et la douzième finissoit au coucher du soleil. »
2. M. A. Coquerel fait remarquer que Joad, dans tout le premier acte, ne doit point paraître revêtu des ornements de la souveraine sacrificature , mais de son vêtement ordinaire , qui était celui des simples sacrificateurs. Après avoir décrit le rochet, l'éphod, le pectoral, la ceinture et la tiare, il ajoute : <t C'est seulement à la fin du dernier acte que Joad doit se montrer couvert de ce riche vêtemeut, et ce n'est pas au point du jour qu'il a pu le revêtir. »
ATHALIE
Et du temple déjà l'aube blanchit le faîte 1 . 1 60
ABNER
Quel sera ce bienfait que je ne comprends pas? L'illustre Josabet porte vers vous ses pas. Je sors , et vais me joindre à la troupe fidèle Qu'attire de ce jour la pompe solennelle.