ACTE I, SCÈNE II
Mais quelque noble ardeur dont ils puissent brûler, Peuvent-ils de leur roi venger seuls la querelle ? 2:5 Pour un si grand ouvrage est-ce assez de leur zèle? Doutez-vous qu'Athalie, au premier bruit semé Qu'un fils d'Okosias est ici renfermé , De ses fiers étrangers assemblant les cohortes , N'environne le temple , et n'en brise les portes ? 220 Suffira-t-il contre eux de vos ministres saints , Qui levant au Seigneur leurs innocentes mains , Ne savent que gémir et prier pour nos crimes , Et n'ont jamais versé que le sang des victimes? Peut-être dans leurs bras Joas percé de coups 225
JOAD
Et comptez- vous pour rien Dieu qui combat pour nous?
Dieu , qui de l'orphelin protège l'innocence 1 ,
Et fait dans la foiblesse éclater sa puissance ;
Dieu, qui hait les tyrans , et qui dans Jezraël2
Jura d'exterminer Achab et Jézabel ; 2 3 o
Dieu , qui frappant Joram , le mari de leur fille ,
À jusque sur son fils3 poursuivi leur famille*,
Dieu , dont le bras vengeur, pour un temps suspendu ,
Sur cette race impie est toujours étendu ?
JOSABET.
Et c'est sur tous ces rois sa justice sévère 235
Que je crains pour le fils de mon malheureux frère.
Qui sait si cet enfant , par leur crime entraîné ,
Avec eux en naissant ne fut pas condamné?
Si Dieu , le séparant d'une odieuse race ,
En faveur de David voudra lui faire grâce ? 240
1. a. Facit judicium pupillo et viduae. » (Deutéronome, x, 18.) — « Patris «< orphanorum et judicis viduarum (Deï) . » (Psaume lxvii, 6.)
2. Nous avons déjà ci-dessus (p. 612, note 2) parlé de Jezraël, où était la vigne de Naboth. C'était une ville voisine de Samarie; elle appartenait à la tribu d'Issachar. Voyez Josué, xix, 18.