‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 433 sur 493 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ATHALIE, MATHAN, etc.

MATHAN

Enfin je puis parler en liberté :

Je puis dans tout son jour mettre la vérité. Quelque monstre naissant dans ce temple s'élève , Reine : n'attendez pas que le nuage crève*. Abner chez le grand prêtre a devancé le jour. 60 5

Pour le sang de ses rois vous savez son amour. Et qui sait si Joad ne veut point en leur place Substituer l'enfant dont le ciel vous menace , Soit son fils, soit quelque autre

Oui, vous m'ouvrez les yeux.

Je commence à voir clair dans cet avis des cieux. 6 1 o Mais je veux de mon doute être débarrassée. Un enfant est peu propre à trahir sa pensée. Souvent d'un grand dessein un mot nous fait juger. Laissez-moi, cher Mathan, le voir, l'interroger. Vous cependant, allez ; et sans jeter d'alarmes , 6 1 5 A tous mes Tyriens faites prendre les armes.

1 . L'Académie condamne l'incohérence des deux métaphores dans les vers 6o3 et 604. Dans la poésie d'aucun peuple on n'a évité ces incohérences aussi timidement que dans notre poésie classique. Cependant l'Académie de 1730 n'était pas encore satisfaite ; il nous parait qu'elle chicanait Racine bien mal à propos.

Page 1