ACTE V, SCÈNE II
Je vais la contenter, nos portes vont s'ouvrir.
De ses plus braves chefs qu'elle entre accompagnée ;
Mais de nos saints autels qu'elle tienne éloignée
D'un ramas d'étrangers l'indiscrète fureur.
Du pillage du temple épargnez-moi l'horreur.
Des prêtres, des enfants lui feroient-ils quelque ombre 1 ?
De sa suite avec vous qu'elle règle le nombre. 1660
(( thesauri Ecclesiae , promisit demonstraturum se. Sequente die pauperes duxit. « Interrogatus ubi essent thesauri quos promiserat, ostendit pauperes, dicens : « Hi sunt thesauri Ecclesiae.... Laurentius pro singulari suas interpretationis « vivacitate sacram martyrii accepit coronam. j> Saint Ambroise, de Officiis (livre II, chapitre xxvm). — Dans Prudence, saint Laurent demande du temps pour calculer toute la somme. — Saint Augustin même, si ennemi du mensonge , loue ce mot de saint Laurent : « Hœ sunt divitiae Ecclesiae. » (Serm., 3o3.) — Dieu a trompé exprès Pharaon. Synops. [Synopsis criticorum aliorumque S. scripturse interpretum.) Dieu dit à Moïse : <t Dimittite po- « pulum meum, ut sacrificet mibi in deserto. » (Exode, v, i.) Et C. 8 (c'est-àdire : et chapitre v:n de /'Exode, verset 28), Pharaon répond : « Ego dia mit tara vos, ut sacrificetis Domino Deo vestro in deserto. Verumtamen «< longius ne abeatis. » Une autre fois Pharaon dit : « Sacrifiez ici. » Moïse répond : « Nos victimes sont vos dieux. Abominationes jEgyptiorum immo- « labimus Domino. » [Ibidem, 25 et 26.) Donc Dieu vouloit faire sortir le peuple tout à fait, et Pharaon nel'entendoit pas ainsi. » — Sur Pharaon trompé, dont Racine allègue l'exemple, il y a un passage singulier dans l'ouvrage qu'il cite (Synopsis criticorum, etc.); c'est une note, à la page 36g du tome I, sur le verset 36 du chapitre xn de V Exode. On y dit que la conduite des Israélites avait fait dire aux Manichéens que l'Ancien Testament n'était pas de Dieu, puisqu'il s'y montre fauteur de tromperies ; mais on répond que nous devons reconnaître pour bon et pour juste tout ce que Dieu fait. On y cite aussi cette opinion que les Hébreux n'avaient pas menti, quand ils avaient demandé à emprunter ce qu'ils n'avaient pas l'intention de rendre; parce qu'il n'y a pas inconséquence à faire un contrat d'emprunt, et à se proposer de ne restituer que sous certaines conditions, comme : si je suis obligé de restituer, ou , si la chose à un autre titre ne devient pas ma propriété, a Les Israélites, comme Moïse avait fait autrefois quand il demanda à faire un voyage de trois jours, demandèrent aux Égyptiens de leur prêter des vases pour les sacrifices, ce que les Égyptiens entendaient avec cette restriction qu'ils leur seraient rendus après les sacrifices; mais les Hébreux ne disaient pas qu'ils reviendraient. Dans ces deux faits il y eut dissimulation; mais rien ne fut dit contre la vérité. » Si c'est, et nous le pensons, le passage que Racine avait sous les yeux, le croyait-il très-propre à justifier l'équivoque de Joad? Ne lui rappelait-il pas des doctrines flétries dans les Provinciales ?
1 . « Quelques-uns ont prétendu que faire ombre signifie éclipser, effacer, obscurcir, et ne pouvoit pas se dire pour faire ombrage, qui signifie donner de Ja jalousie, du soupçon. » (Sentiments de V Académie.) — Cependant
ATHALIE
Et quant à cet enfant si craint , si redouté ,
De votre cœur, Abner, je connois l'équité.
Je vous veux devant elle expliquer sa naissance ;
Vous verrez s'il le faut remettre en sa puissance ;
Et je vous ferai juge entre Àthalie et lui. 1 6 6 5
ABNER
Ah î je le prends déjà, Seigneur, sous mon appui 4 . Ne craignez rien. Je cours vers celle qui m'envoie.