ACTE IV, SCÈNE IV
Jugez-en , puisqu'ainsi je vous ose parler,
Et m'emporte au delà de cette modestie
Dont jusqu'à ce moment je n'étois point sortie.
Vous vous êtes servi de ma funeste main i 36 5
Pour mettre à votre fils un poignard dans le sein.
De ses feux innocents j'ai trahi le mystère ;
Et quand il n'en perdroit que l'amour de son père ,
Il en mourra, Seigneur. Ma foi ni mon amour
Ne seront point le prix d'un si cruel détour. 1370
Après cela, jugez. Perdez une rebelle ;
Armez-vous du pouvoir qu'on vous donna sur elle :
J'attendrai mon arrêt ; vous pouvez commander.
Tout ce qu'en vous quittant j'ose vous demander,
Croyez (à la vertu je dois cette justice) 1 3 7 5
Que je vous trahis seule, et n'ai point de complice ;
Et que d'un plein succès vos voeux seroient suivis4
Si j'en croyois, Seigneur, les vœux de votre fils.