Pages 3 et 4. — 2. Page 3i. — 3. Page 3a. — 4- Page
IPHIGÉNIE
autre côté, on ne s'explique pas qu'une princesse qui est aimée et qui aime renonce en un moment à tous les charmes de la vie 1 . Voilà les seuls reproches qui soient faits à la passion des deux amants : nouvel exemple des lacunes de la critique en ce temps. Ce qui nous semble maintenant le moins facile à justifier, était justement ce qui échappait alors aux regards les plus curieux de surprendre les moindres fautes. On peut s'étonner quelquefois que Ptacine n'ait pas été averti par le goût si exercé et si fin qu'il avait des beautés antiques; mais reconnaissons que, très-supérieur par ce goût à son siècle, il n'avait guère de bons conseils à attendre de ses censeurs.
L'anonyme paraît, nous l'avons dit, s'être proposé de faire valoir par avance les mérites de la nouvelle Iphigénie. Il y a des rapports frappants, ainsi qu'on l'a bien fait observer2, entre le plan de cette pièce et celui que conseillait le critique à la veille de la première représentation : on ne se rencontre si bien que lorsqu'on s'est concerté. Ce critique devait être un ami très-particulier de Coras, seul nommé dans les Remarques comme auteur de la tragédie, où le Clerc allait bientôt réclamer la part principale.
Avant de parler de cette pièce, ainsi recommandée au moment de paraître, et qui menaçait, disait-on, Racine d'une très-fâcheuse concurrence, n'omettons point, dans la revue des critiques contemporaines auxquelles donna lieu V Iphigénie de Racine , un petit écrit de l'aîné des Perrault. Tout inachevé qu'il est, et quoiqu'il ne paraisse guère avoir, dans l'état où il est resté, qu'un intérêt anecdotique, il vaut cependant une mention. Les commentateurs de Racine , ses historiens et ceux de la querelle des anciens et des modernes n'en ont point parlé. Ils ne l'ont pas connu, parce que l'auteur, n'en ayant terminé qu'un fragment, ne l'a pas livré à l'impression; mais le manuscrit s'en est conservé. Ce qu'il offre surtout de piquant, c'est que Pierre Perrault , qui l'avait entrepris pour montrer la supériorité de X Iphigénie française sur X Iphigénie grecque, est justement ce même détracteur des