‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 80 sur 493 · M. Deltour, les Ennemis de Racine, p · texte numérisé non relu

M. Deltour, les Ennemis de Racine, p

NOTICE

anciens que Racine, prenant la défense d'Euripide, avait repris, avec une politesse assez railleuse, dans la préface de sa tragédie1. Pierre Perrault, comme ses frères, était galant homme : il garda si peu rancune à Racine que , pour soutenir sa thèse favorite de la prééminence des anciens sur les modernes, il ne prétendit le battre qu'en l'exaltant, et choisit, pour la comparaison des deux théâtres, la pièce même en tête de laquelle on l'avait malmené. Précurseur de Charles Perrault dans la déclaration de guerre aux admirateurs de l'antiquité, et y essayant le premier les armes et la tactique dont son frère devait bientôt se servir plus habilement, Pierre avait déjà, dans X Avertissement de sa traduction de la Secchia rapita de Tassoni, exprimé des idées semblables à celles que nous trouvons dans l'opuscule sur les Iphi génies. C'est ce qu'il rappelle lui-même dans un passage de ce dernier écrit ; et l'on voit par là qu'il le commença à une époque où V Iphi génie de Racine n'était plus dans sa nouveauté; car la traduction du Seau enlevé est de l'année 1678 2. Le manuscrit de Pierre Perrault, que possède la Bibliothèque impériale, a pour titre : Critique des deux tragédies ^TIphigénie , d'Euripide et de M. Racine, et la comparaison de Vune avec T autre. Dialogue. Par M. Perrault y receveur général des finances de Paris1. La première partie de ce dialogue, dont la suite manque, met aux prises un aveugle adorateur de l'antiquité , et un sage entièrement exempt du même préjugé. L'un est Philarque, interlocuteur presque muet; l'autre, Cléobule ; et dans ce der nier, qui nous avertit d'ailleurs qu'il a traduit la Secchia rapita, il est facile de reconnaître Perrault lui-même. Au com-

1. Boileau, dans sa Première réflexion critique sur Longin (édition Berriat-Saint-Prix, tome IV, p. i56 et 1^7), croit que celui dont « Racine a si bien relevé » les « étranges bévues.... dans la préface de son Iphigénie » est le médecin Claude Perrault. Mais, suivant Brossette, il s'est trompé|: l'auteur de la Défense d'Jlceste est Pierre Perrault. Quoiqu'il en soit, les trois frères faisaient cause commune, et Pierre Perrault aurait pu, dans tous les cas, en vouloir à Racine.

2. Le Seau enlevé, poème heroïcomique du Tassoni. 2 vol. in-12, Paris, Guillaume de Luynes et J. B. Coignard, M.DC.LXXVIII. L'Achevé d'imprimer est du Ier juin 1678.

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