Var. (édit. de l6j3) : approché
4. Ce qui suit cette phrase, depuis les mots : « En effet, il n'y a guère ï jusqu'à ceux-ci : « la vie à ses maîtresses, » n'est pas dans l'édition de 1673.
5. Var. (édit. de 1673) : c'est le dessein que je fais prendre à Mithridate.
PRÉFACE
l'Italie. Comme ce dessein m'a fourni une des scènes qui ont le plus réussi dans ma tragédie, je crois que le plaisir du lecteur pourra redoubler, quand il verra que presque tous les historiens ont dit ce que je fais dire ici à Mithridate.
Florus, Plutarque et Dion Cassius nomment les pays par où il devoit passer1. Appien d'Alexandrie entre plus dans le détail. Et après avoir marqué les facilités et les secours que Mithridate espéroit trouver dans sa marche , il ajoute que ce projet fut le prétexte dont Pharnace se servit pour faire révolter toute l'armée2, et que les soldats , effrayés de l'entreprise de son père , la regardèrent comme le désespoir d'un prince qui ne cherchoit qu'à périr avec éclat.
Ainsi elle fut en partie cause de sa mort, qui est l'action de ma tragédie. J'ai encore lié ce dessein de plus près à mon sujet. Je m'en suis servi3 pour faire connoître
1. Voyez Florus, livre III, chapitre v; Plutarque, Vie de Pompée, chapitre xli; Dion Cassius, livre XXXVII, chapitre xi. — Suivant Florus, Mithridate voulait passer du Bosphore en Thrace, de ià, et en traversant la Macédoine et la Grèce, se jeter inopinément sur l'Italie. Suivant Plutarque, il avait formé le projet de traverser le pays des Scythes et celui desPéoniens, pour envahir l'Italie. Dion Cassius dit à peu près de même que, voulant profiter du séjour de Pompée en Syrie, il songeait à se rendre vers le Danube à travers le pays des Scythes, pour faire de là une invasion en Italie. — Appien, comme le dit Racine, entre un peu plus dans le détail. Il rapporte d'abord au chapitre en de son Livre sur la guerre de Mithritade, que le roi de Pont, étant entré dans les pays Méotiques, conçut le projet nouveau et hardi de traverser la Thrace, puis la Macédoine, enfin la Pannonie, de franchir les Alpes, et d'entrer ainsi en Italie. Il dit aussi au chapitre cix du même livre, qu'il se proposait cle diriger sa route vers le pays des Gaulois, avec lesquels il avait déjà dans cette vue formé des liaisons; et qu'il avait le dessein d'envahir avec eux l'Italie à travers les Alpes, espérant que la haine de Rome lui procurerait l'alliance de beaucoup de peuples italiens.