‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 9 sur 493 · Var. (édit. de 1673) : pour révolter toute l'armée · texte numérisé non relu

Var. (édit. de 1673) : pour révolter toute l'armée

3. Var. (édit. de 1673 et de 1676) : Et je m'en suis servi. J. Racine, iii 2

MIÏHRID AÏE.

à Mithridate les secrets sentiments de ses deux fils. On ne peut prendre trop de précaution pour ne rien mettre sur le théâtre qui ne soit très-nécessaire. Et les plus belles scènes sont en danger d'ennuyer , du moment qu'on les peut séparer de l'action, et qu'elles l'interrompent au lieu de la conduire vers sa fin 1 .

Voici la réflexion que fait Dion Cassius sur ce dessein de Mithridate : « Cet homme étoit véritablement né pour entreprendre de grandes choses. Gomme il avoit souvent éprouvé la bonne et la mauvaise fortune, il ne croyoit rien au-dessus de ses espérances et de son audace, et mesuroit ses desseins bien plus à la grandeur de son courage qu'au mauvais état de ses affaires ; bien résolu , si son entreprise ne réussissoit point, de faire une fin digne d'un grand roi, et de s'ensevelir lui-même sous les ruines de son empire, plutôt que de vivre dans l'obscurité et dans la bassesse 2 . »

J'ai choisi Monime entre les femmes que Mithridate a aimées. Il paroît que c'est celle de toutes qui a été la plus vertueuse, et qu'il a aimée le plus tendrement. Plutarque semble avoir pris plaisir à décrire le malheur et les sentiments de cette princesse. C'est lui qui m'a donné l'idée de Monime ; et c'est en partie 8 sur la peinture qu'il en a

1. Dans l'édition de 1673 la préface finit aux mots : « vers sa fin. t>

2. Ouaei te yàp [xsyaXoTrpdcypov xal tcoXXGv [xèv ^Taïa^xdcTwv, tcoX- Xwv hl xa\ euïuyr^&vov 7T£7t£ipa[j(.£Voç, oùôèv ofrce dcTÔXtu7)T0V bute àvÉÀ7Cttrcdv 0! sivai ev6jjuÇev. Et SI B/j xai acpaXerV], auva::oXéa6ai xfi (3aaiXefa [j.£t3c dcxepai'ou toïï cppow^axoc piaXXov ^ aT£p7)0£tç auTÏjç, i'v xe xaraivd- T7]ii xai ev àSo^fa Çrjv 7]8sXsv. (Dion, livre XXXVII, chapitre xi.) Dans ce texte, on ne trouve pas la phrase de la traduction de Racine : a et mesuroit ses desseins bien plus à la grandeur de son courage qu'au mauvais état de ses affaires; » mais elle a été tirée du passage qui précède immédiatement, et où l'on trouve ces mots : Tf] (fouX^aet TtXéov 73 tt\ Suvdc{j.£t vIjjixov, Ivsvda, etc.

3. Ce n'est en effet qu'tv* partie. Plutarque nous donne de Monime une idée qui n'est pas tout à fait semblable à celle que nous trouvons

PRÉFACE

faite que j'ai fondé un caractère que je puis dire qui n'a point déplu. Le lecteur trouvera bon que je rapporte ses paroles telles qu'Amiot les a traduites1. Car elles ont une grâce dans le vieux style de ce traducteur , que je ne crois point pouvoir égaler dans notre langue moderne2 :

« Cette-cy estoit fort renommée entre les Grecs, pource que quelques sollicitations que luy sceust faire le Roy en estant amoureux3, jamais ne voulut entendre à toutes ses poursuites jusqu'à ce qu'il y eust accord de mariage passé entre eux , et qu'il luy eust envoyé le diadème ou bandeau royal, et4 appellée royne. La pauvre dame, depuis que ce roy5 l'eust espousée, avoit vécu en grande déplaisance, ne faisant continuellement autre chose que de plorer la malheureuse beauté de son corps , laquelle , au lieu d'un mary, luy avoit donné un maistre, et au lieu de compagnie conjugale, et que doit avoir une dame d'honneur6, luy avoit baillé une garde et garnison d'hommes barbares , qui la tenoient comme prisonnière

dans Racine, lorsque parlant des papiers secrets deMithridate qui tombèrent aux mains de Pompée dans la forteresse de Cénon, il dit qu'il y avait des lettres de Monime au Roi et du Roi à Monime, où la passion s'exprimait avec peu de retenue : 'ErctaToW xe Movfu,r]ç rcpbç aÔTov dbtôXaarot, xat rcàXtv r/.si'vou 7rpbç aur^'v. {Vie de Pompée, chapitre XXXVII.)

1. Dans la Vie de Lucullus, chapitre xviii. Nous indiquons ciaprès les passages où le texte donné par Racine n'est pas conforme

celui de l'édition de 1^72 du Plutarque d'Amyot.

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