Agamemnon, vers i527-i53i
PRÉFACE
D'autres ont feint que Diane , ayant eu pitié de cette jeune princesse, Favoit enlevée et portée dans la Tauride, au moment qu'on Falloit sacrifier, et que la déesse avoit fait trouver en sa place ou une biche , ou une autre victime de cette nature1. Euripide a suivi cette fable, et Ovide Ta mise au nombre des Métamorphoses2.
Il y a une troisième opinion, qui n'est pas moins ancienne que les deux autres, sur Iphigénie. Plusieurs auteurs , et entre autres Stésichorus , l'un des plus fameux et des plus anciens poètes lyriques, ont écrit qu'il étoit bien vrai qu'une princesse de ce nom avoit été sacrifiée, mais que cette Iphigénie étoit une fille qu'Hélène avoit eue de Thésée 3 . Hélène , disent ces auteurs , ne Favoit osé avouer pour sa fille , parce qu'elle n'osoit déclarer à Ménélas qu'elle eût été mariée en secret avec Thésée. Pausanias* rapporte et le témoignage et les
1. Les autres victimes dont parlent quelques traditions sont une ourse, un taureau ou une vieille femme. Voyez les Scholies de Tzétzès sur Ljcophron, vers i83 (édition Mùller, tome I, p. 463 et 464)- — La fable de l'enlèvement d'Iphigénie par Diane, au moment du sacrifice, remonte jusqu'à l'antique auteur des Chants cjpriens : voyez la Chrcstomatliie de Proclus, dans l'édition qui en a été donnée à la suite du Manuel a" Héphestion (p. 47^)? Oxford, mdcccx.