‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 90 sur 493 · AGAMEMNON, ARCAS · texte numérisé non relu

AGAMEMNON, ARCAS

Oui , c'est Agamemnon , c'est ton roi qui t'éveille * . Viens, reconnois la voix qui frappe ton oreille*.

ARCAS

C'est vous-même, Seigneur! Quel important besoin

Vous a fait devancer l'aurore de si loin?

A peine un foible jour vous éclaire et me guide. 5

r. Dans aucune des anciennes éditions, le titre de la pièce n'est, comme le donnent les éditeurs modernes (Luneau de Boisjermain, etc.), Iphi génie en Aalide.

2. Lemazurier {Galerie historique des acteurs, tome I,p. 96) dit que Baron prononçait ce vers d'un ton fort bas. On lui cria du parterre : a Plus haut ! — Si je le disois plus haut, répondit-il, je le dirois mal. »

3. « J'ai entendu dire à l'abbé de Villiers, qui avoit été ami de l'auteur, qu'il avoit mis d'abord :

Viens , Arcas ; prête-moi ton cœur et ton oreille ;

mais qu'il aima mieux que ce second vers fût plus simple, » {Remarques de Louis Racine, tome II, p. 32.) — C'est avec beaucoup de raison, ce nous semble, que Geoffroy refuse d'admettre une telle variante, comme venant de Racine.

IPHIGÉNIE

Vos yeux seuls et les miens sont ouverts dans l'Aulide. Avez-vous dans les airs entendu quelque bruit ? Les vents nous auroient-ils exaucés cette nuit? Mais tout dort, et l'armée, et les vents, et Neptune 1 .

Heureux qui satisfait de son humble fortune , Libre du joug superbe où je suis attaché,

i. Voltaire, dans le Dictionnaire philosophique, Art dramatique, défend ce vers, avec esprit plutôt peut-être que par de bonnes raisons, contre une critique de Henri Home: « Un juge d'Ecosse, dit-il, qui a bien voulu donner des règles de poésie et de goût à son pays, déclare dans son chapitre vingt et un, Des narrations et des descriptions , qu'il n'aime point ce vers — S'il avait su que ce vers était imité d'Euripide, il lui aurait peut-être fait grâce; mais il aime mieux la réponse du soldat dans la première scène de Hamlet : a Je « n'ai pas entendu une souris trotter. r> Voilà qui est naturel, dit-il; c'est ainsi qu*un soldat doit répondre. — Oui, Monsieur le juge, dans un corps de garde, mais non pas dans une tragédie. >< Le vers de Racine est très-beau; mais on a pu y trouver un défaut de simplicité qui n'est point dans le passage correspondant d'Euripide. En général le début de la tragédie grecque est d'un ton fort différent de celui de la première scène de Racine. Voici ce début :

'Aya/x. npéc&o, $6f/.0)v r&vàe 7tâ.poi6ev

Eps a 6. Stsi'^w. Te <?è y.oLivoupysïç ,

'Aya/AS/z.vov àva| ;

pécrG. Lizeûdoi....

'Aya/ju Ovxovv fOôyyoçy'1 oùt' ôpviduv,

Oozs fla^aca^ç * ciycù §' àve'//.cov

Tov<?s xar' ~Eùpnzov è'^ooatv.

ripeffê. Tt Ss gxj <jX.Y)vyiç èxro$ àto-asiç,

'Ayû.fJLEjt/.vov ava|;

"Eti <?' yjo-u^t'a tvjc?£ xkt' Auhv,

Kat àxtvvjTOi <puXcx.x.a.i rei^sav.

« agam. Vieillard, sors de cette tente, viens. — le vieux. Je viens. Mais quel nouveau soin t'occupe, roi Agamemnon? — agam. Tu vas le savoir. — le

vieill. Je me hâte — agam. Nul chant des oiseaux, nul bruit de la mer;

le silence des vents règne sur cet Euripe. — le vieill. Mais pourquoi sors-tu de la tente, roi Agamemnon? Ici, à Aulis, tout est encore dans le repos, et la garde des murs n'a pas été relevée. » (Vers i-i5.) — Dans la tragédie de Rotrou (acte I, scène v) :

amynt. Ce doit être , grand prince , une affaire importante

Qui vous ait ce matin tiré de votre tente.

Tout votre camp repose , et de tant d'yeux divers

Le sommeil n'a laissé que les vôtres ouverts.

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