ACTE I, SCÈNE I
Vit dans l'état obscur où les Dieux l'ont caché 1 !
ARC AS
Et depuis quand, Seigneur, tenez- vous ce langage? Comblé de tant d'honneurs , par quel secret outrage Les Dieux, à vos désirs toujours si complaisants, i 5 Vous font-ils méconnoître et haïr leurs présents ? Roi , père , époux heureux , fils du puissant Atrée , Vous possédez des Grecs la plus riche contrée. Du sang de Jupiter issu de tous côtés , L'hymen vous lie encore aux Dieux dont vous sortez. 10 Le jeune Achille enfin, vanté par tant d'oracles, Achille, à qui le ciel promet tant de miracles, Recherche votre fille , et d'un hymen si beau Veut dans Troie embrasée allumer le flambeau. Quelle gloire, Seigneur, quels triomphes égalent a 5 Le spectacle pompeux que ces .bords vous étalent, Tous ces mille vaisseaux , qui chargés de vingt rois , N'attendent que les vents pour partir sous vos lois ? Ce long calme , il est vrai , retarde vos conquêtes ; Ces vents , depuis trois mois enchaînés sur nos têtes , 3 o DTlion trop longtemps vous ferment le chemin. Mais parmi tant d'honneurs , vous êtes homme enfin : Tandis que vous vivrez, le sort, qui toujours change,
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a agam. Je te porte envie, vieillard; je porte envie à tout homme dont la vie inconnue, obscure, s'écoule loin des dangers : je trouve moins heureux ceux qui sont dans les honneurs. » (Vers 17-20.) — Rotrou traduit ainsi Euripide (acte I, scène v) ;
Heureuse ta fortune, heureuse ta vieillesse, Qu'aucun danger ne suit et qu'aucun soin ne presse ! Heureuse la bassesse où l'homme vit content, Et malheureux l'honneur qui le travaille tant !
I PHIGÉNIE.
Ne vous a point promis un bonheur sans mélange 1 .
Bientôt Mais quels malheurs dans ce billet tracés 3 5
Vous arrachent , Seigneur , les pleurs que vous versez 2 ? Votre Oreste au berceau va-t-il finir sa vie ? Pleurez- v'ous Clytemnestre , ou bien Iphigénie ?