‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 107 sur 394 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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J, Racine. \i

LIVRES ANNOTÉS

tranche), et un Livre des Psaumes^ également en grec {Davidis régis ac prophetx Psalmorum liber. Ad exemplar Cotnplutense^ d'après l'édition d'AIcala, Antverpise, ex officinis Christ. Plaiitini, l584), ces deux livres portant le nom de Racine. C'est probablement le même exemplaire du Psautier d'Anvers (l584), avec la signature, qui est placé dans la Bibliothèque de Jean Racine, par les auteurs du recueil que nous avons déjà cité sous le nom du Quérard. Ce même Quérard nomme aussi, parmi les livres ayant appartenu à Racine, un autre Psautier [Psalterium Davidis, Paris, 1646), avec signature, d'après le Catalogue Nodier (1829); un Testamentum Novum in- 16 (Paris, Roîiert Estienne, l549), également avec signature, d'après le Catalogue Pont-la-Ville (l85o)5 enfin, d'après le Catalogue Séguier de Saint-Brisson, n° 706, l'ouvrage de "Van der Driesche, qui a pour titre : /. Drusii Observationuni libri XII. Antverpiœ, M.D.LXXXIF (in-8°). Ces observations très-savantes du célèbre hébraïsant sont, quoique toutes grammaticales, d'un très-grand secours pour l'intelligence des livres sacrés. L'exemplaire, qui porte la signature de Racine, est aux armes de de Thou. Le Catalogue des livres rares et curieux composant la bibliothèque de M. J. d'O*'^'^ (Joseph d'Ortigue), Paris, L. Potier, 1862, fait mention, à la page i, d'une Histoire critique du Vieux Testament, par le R. P. Richard Simon, prestre de la Congrégation de l'Oratoire^ 1680, in-4°, qui porte sur le titre la signature de Jean Racine. C'était un livre que sans doute Racine, à l'âge où il put le lire, ne consultait qu'avec défiance, car il avait été jugé dangereux et supprimé. L'auteur était d'ailleurs ennemi des théologiens de Port-Royal et imbu de principes tout contraires aux leurs. On ne signale aucune note manuscrite de notre poète sur les marges de ce volume, non plus que sur celles des précédents.

Racine nous apprend lui-même (voyez sa lettre à Jean-Baptiste Racine en date du 24 septembre 1694) qu'il avait a les Psaumes latins de Vatable, à deux colonnes et avec des notes, in-S''. »

La Bibliothèque de Toulouse possède, parmi les livres ayant appartenu à Racine, un Nouveau Testament en grec, de Robert Estienne, d'une édition différente de celle dont nous avons parlé plus haut. Il est divisé en deux parties, reliées dans le même volume in-S". La première partie contient les Évangélistes; elle porte sur le titre la date de 1569 (Lutetise, ex officina Roberti Stéphani, tjpographi regii, tjpis regiisi M.D.LXIX), La seconde partie a la date de i568. L'exemplaire dont nous parlons, et qui a fait partie de la bibliothèque de Racine, dont lai signature est sur le feuillet de titre, est en maroquin rouge, avec filets dorés sur les plats, et tranche dorée.

La même Bibliothèque conserve aussi le Nouveau Testament de Mons (Gaspar Migeot, 1667, 2 vol. in-S")^ qui a appartenu à Racine, et porte sa signature sur le feuillet de titre du P'" volume. Cet exemplaire est relié en maroquin rouge, tranche dorée.

Un exemplaire très-précieux de la Bible latine publiée, en i65l et îôSa, à Paris, chez Antoine Vitré [Biblia sacra vulgatss editionis, 8 tomes in-12), se trouve à la Bibliothèque impériale. Il a été divisé par le relieur en dixsept volumes, dont un, le IIP, manque aujourd'hui. Sur le feuillet de garde du I^' volume, Louis Racine a écrit cette note : « Cette Bible qui appartenoit à mon père, avoit appartenu à M. le Maître, et les volumes suivants sont chargés de notes de sa main. » En effet, à l'exception du I*' volume, dont la reliure n'est pas semblable à celle des autres . et qui tient évidemment la

LE LIVRE DE JOB

place d'un volume perdu, tous ceux dont se compose maintenant cet exemplaire incomplet portent des notes de le Maistre, les unes en latin ou en grec, les autres en français: toutes les marges en sont couvertes, ainsi que les feuillets blancs intercalés. C'est une annotation très-savante, on les Pères, saint Augustin surtout, sont sans cesse cités, et où les réflexions édifiantes tiennent une grande place. Nous y avons fréquemment remarqué ces Nota (ou souvent, par abréviation, N.) qui servaient à Racine aussi dans tous les livres qu'il a annotés, pour fixer le souvenir des passages qu'il jugeait les plus importants. Il n'est pas sans intérêt de trouver quelque ressemblance entre la manière de travailler qui était familière à Racine et celle qu'il avait pu observer chez un des plus illustres instituteurs de sa jeunesse.

On pouvait espérer qu'en examinant attentivement tous les volumes de cette Bible de Vitré, on y trouverait aussi des notes de Racine, quoique son fils, Louis Racine, n'en eût point parlé. Nous avons cru un moment reconnaître l'écriture de Jean Racine à côté de celle de le Maistre, sur les marges de deux volumes, l'un de V Ancien, l'autre du Nouveau Testament ; mais nous n'avons pas tardé à voir que nous nous trompions. Les notes manuscrites que nous avions crues de sa main, et qui se rapportenî^ aux douze premiers chapitres du livre I des RoiSy et aux cinq premiers cliapitres de V Evangile de saint Matthieu^ sont de la main de Jean-Baptiste R.acine. Lorsqu'on n'est pas assez sur ses gardes, l'écriture du fils aîné, très-soignée, fine et élégante, peut être confondue avec celle du père, telle surtout qu'elle fut au temps de sa jeunesse. En outre, ce qui rendait l'erreur plus facile, Jean- Baptiste, quelques changements qu'eût déjà subis l'orthographe, nous a paru ne pas les avoir adoptés : il restait fidèle à celle que l'on trouve dans les plus anciens écrits de son père. Enfin, pour certaines particularités, son annotation rappelle beaucoup celle dont notre poète avait l'Jiabitude : il s'était évidemment formé sur ce modèle. Cependant il faut dire qu'en général les notes de Jean-Baptiste Racine sur la Bible ont un caractère plus marqué d'érudition, qu'on retrouve d'ailleurs dans les autres notes qui nous restent de lui , par exemple dans celles du Pétrone dont nous avons parlé ci-dessns, aux pages 175 et 176. Ce qui nous a d'abord mis en défiance contre notre première erreur, c'est que l'annotateur, citant assez fréquemment le texte hébreu, se sert, pour en transcrire des mots, de caractères hébraïques, qu'il trace d'une main sûre et exercée. On a, nous l'avons dit ailleurs 1, des notes de Jean-Baptiste sur la grammaire hébraïque : il était donc hcbraïsant. Si son père se fût livré à la même étude, nous en aurions trouvé des traces quelque part. Du reste, une fois notre attention éveillée sur la nécessité de nous mieux rendre compte des caractères distinctifs des deux écritures, nous Favons fait de manière, non-seulement à ne conserver aucun doute sur l'auteur des notes mêlées à celles de le Maistre, mais aussi à ne plus être exposé à quelque autre méprise de ce genre.

La Bibliothèque impériale possède un autre \oîun?c de la Bible de Vitré, ayant également appartenu à Racine, et qui, à la différence de ceux dont nous venons de parler, a des notes manuscrites dans lesquelles son écriture se re= connaît sans le moindre doute. Ce volume ne fait point partie de l'exemplaire de le Maistre. 11 n'a aucune note de la main de celui-ci, et est relié en par-

î. Voyez la Notice biographique sur Jean Racine, p. i65i

LIVRES ANNOTÉS

ciiemin : ceux qui viennent de la bibliothèque de le Maistre sont reliés en veau brun. Quoique le tome annoté par Racine soit le III® de la Bible de Vitré, il faut écarter toute idée d'un volume destiné à remplacer celui qui, nous l'avons dit, manque à l'exemplaire de le Maistre; car celui-ci ne se trouve le IIP que par suite de la division adoptée pour la reliure de cet exemplaire, et est réellement la première partie du tome II, contenant le livre de Josué, et celui des Juges, tandis que le tome III dont Racine s'est servi pour ses notes forme, dans cette même division, le V® volume, et contient les deux livres des Paralipomènes, les deux livres A''Esdras^ les livres de Tobie, (ÏEsther et de Joh.

Le Livre de Job est le seul que Racine ait annoté. Dans les autres on remarque seulement des passages soulignés, soit an crayon, soit à la plume : ce qui montre qu'ils avaient aussi été lus attentivement. On ne remarque point une étude plus particulière du Livre d'Esther : les endroits marqués d'une accolade ou soulignés y sont même très-rares. Au livre II des Paralipomènes quelques noms sont indiqués à la marge : Ézéchias, Manassès, Josias, Joachaz, Joachin, Sédécias^ etc. Les chapitres xxii et xxiii de ce même livre, qui ont fourni à Racine le sujet d'Atkalie, n'ont pas d'annotation.

l/cs notes marginales de Racine sur le Livre de Job, les unes en latin, les autres en français, sont tantôt des gloses, tantôt des sommaires, des paraphrases, des traductions.

Ce travail est très-souvent fondé sur le texte hébreu; mais il est facile de reconnaître oii a été puisée l'érudition qu'il suppose. Au bas de la page 5fii, Racine a écrit cette note sur le verset 26 du chapitre xix : a Hebr , Postquam circumdederint hoc cute mea. Hoc, i. {id est) ce misérable corps. Circumdederint, i. le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Vatab. » La note est en effet de Valable. Cela nous a mis sur la trace des emprunts continuels que Racine a faits au docte commentaire qu'il avait sous les yeux ; il s'est , en général , borné à en extraire ce qui lui a paru le plus instructif; et ses traductions, aussi bien que ses remarques, seraient presque inintelligibles, si on voulait les rapporter au texte seul de la p^ulgate, qui est celui que donne la Bible de Vitré, La Bible dite de Vatahle, dont Racine a fait usage, est celle que Robert Estienne a donnée en i545 (2 vol. in-S"), celle que les théologiens catholiques avaient condamnée. L'édition donnée en 1 557 P'"" même Robert Estienne, et celle de Commelin (2 vol. in-folio, 1599) ont, à côté de la Fulgale, la traduction latine de Sante-Pagnino : or il est visible que Racine s'est servi de celle qui est connue sous le nom de Zurich ; et c'est celle-là qui se trouve avec la Vulgate dans l'édition de i545'. Nous avons examiné aussi la Bible de Vatable publiée à Salamanque (2 vol. in-folio , l584), qui a également la traduction de Zurich; mais nous avons trouvé que, parmi les notes de Racine, il y en a qui s'accordent bien mieux avec les notes de l'édition de 1 545 qu'avec celles de l'édition de Salamanque, notamment la note sur le verset 24 du chapitre XV : « Comme on environne un homme qui va combattre en chamjï clos dans un tournoi. »

Les notes latines sont nombreuses dans cette étude de Racine. Il était d'au-

1 . Dans cette traduction de Zurich , le Livre de Job a été traduit par Bibliander.

LE LIVRE DE JOB

tant moins utile de les recueillir, que pour la plupart il les a copiées, avec une fidélité presque littérale, dans le commentaire de la Bible de i545. Nous avons dû nous borner à la citation des notes françaises, dont un grand nombre soni des traductions ou des paraphrases de la version de Zurich. Nous indiquons au bas des pages les emprunts que Racine a faits à cette version, et ceux qu'il a faits au commentaire. Nous désignons ainsi le commentaire : Vat. [Fatable) ^ et la version : Trad. Z [traduction de Zurich).

Chapitre ii, verset 9. Tu n'as qu'à bénir Dieu, et tu mourras aussitôt *.

Chapitre iv. Les amis de Job disputent contre lui, et prétendent lui prouver que Dieu l'afflige parce qu'il l'a offensé, étant persuadés, comme le vulgaire, que les afflictions ne doivent point tomber sur le juste ^.

— verset 9. \Spiritu irœ.^ Au moindre souffle de sa colère', versets 12 et suivants. Eliphaz prétend que Dieu lui a révélé

que Job étoit un pécheur qui a mérité son malheur ^.

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