Dans la comédie intitulée : &tupofopiot.i^o\ja(x
PLATON
Page 180. (OuTwç, ou [j.èv ata)(pbv — ouvsxa j^apfÇsaOai.) N'^. Honestitm est amanti vilioribus operibus manum admovere. Ferendus non esset qui vel opum vel bonorum gratia ea faceret quse amoris causa ab amantîbus jiunt. — iV*. Pravus et inhonestus amans est ille vulgaris qui corpus magis amat quant animam; ideoque^ quum rem amet parum constantem^ parum ipse constat. Contra qui virtutem amat., semper amat.
Page 181. (Out6$ lartv ô xrjç oùpav(aç — à vuv §1 iyci).) Amor per omnîa sese dijfundit ^ et ab eo pendent artes omnes : Medicina., Musical Poesis. Duplex amor in Medicina qualis. In Poesi duplex amor designatur per Uraniam et Poljhymniam. N'^. — iV*. Cœlestis amor est viris honestis placere; vulgaris autem, çulgo placere et multitudini. Prior est Urania., alter vero Poljhjmnia,
Page 182. ("EXeyov, xdc t£ 0£p[Aà — ïiz\}.^z xouç dcvOpwTcouç. ) L'Amour ordonne les saisons. — Les sacrifices sont un commerce entre Dieu et les liommes. — L'impiété vient de ce qu'on ne respecte pas l'Amour. — Tout amour est fort puissant soit en bien, ou en mal; mais le véritable nous approche des Dieux. — Discours du poète Aristophane. Il invente une fable tout à fait comique, suivant son caractère. — L'Amour est le plus humain des Dieux. — Belle fable. Il y avoit autrefois trois genres d'hommes : l'homme, la femme et l'hermaphrodite. Quel étoit ce troisième. Le premier tenoit du soleil, le second de la terre, et le troisième de la lune. — Ces hommes voulurent attaquer les Dieux. — Jupiter les coupe en deux.
Page i83. {^iyoi, waresp oc Ta wà — IW; {Jiàv yàp xa\ ouiot TOUTwv.) [En tête de la page.) Les hommes ne sont que des moitiés d'hommes. De là vient l'Amour. — Transports des amants. — {A la marge.) Apollon les guérit (les hommes coupés en deux) et les reforme. Ceux qui étoient tout hommes recherchent les garçons; ceux qui étoient hommes et femmes aiment les femmes ; et celles qui étoient toutes femmes n'aiment que les femmes. — Apologie de l'amour des garçons. iV*. — Emportements des amants. Ils veulent ardemment, et ignorent ce qu'ils veulent. Si Vulcain leur disoit : « Je vous collerai inséparablement l'un à l'autre, » ils diroient que c'est là ce qu'ils demandent.
Page 184. ( ïuyy^dcvouotv ^vueç — Ix îîdtVTtov 6[JLoXoYou[j.lva)ç. ) Discours fleuri du poëte Agathon. — Aimer selon son inclination. — Socrate et Agathon étoient forts sur l'amour. — La grande attente des spectateurs trouble l'acteur. — Confiance d'Agathon. — Le poëte montoit sur le théâtre avec les comédiens. — Je ne suis pas si plein du théâtre que je ne sache que quelques sages sont plus à craindre qu'une foule d'ignorants. — Socrate dit qu'il est dans la foule. — Socrate ne cessera de vous interroger, étant beau
surtout. — Discours d'Agathon. Il est fleuri, plein d'épithètes élevës', selon le caractère d'un poëte tragique, jeune et amoureux de la poésie. — L'Amour est jeune. — La vieillesse a des ailes. — L'Amour est de'licat. — Il marche dans les cœurs. — Il est humide, i. [c'est-à-dire) flexible et accommodant.
Page i85. ('0[Ji.o>.oYourj.lvcoç "Epojç sy^si — xpoùpv^Or) yàp, wç.) {Eu tête de la page.) Epithètes de l'Amour. — Contre les Pane'gyriques. — (A la marge.) Il {T Amour) aime la bienséance. — Il a le teint beau. — Il aime les fleurs. — Il est juste. Il ne souffre point de violence et n'en fait point. — Il est plus vaillant que Mars. — L'Amour est bon poëte. Tout amoureux veut faire des vers. — Il enseigne tous les arts. — Son empire est plus heureux que celui de la Nécessité. — Epithètes de l'Amour. — Son discours {le discours d'Agathon) étoit digne de lui et du dieu. — Socrate feint d'être extrêmement embarrassé. Je pensois sottement qu'il suffisoit de dire la vérité. iV*. — Il faut louer à tort et à travers, pourvu qu'on loue.
Page i86. ("Eotxev ïy.ol<sxqç, rj[j.wv — Ka\ aè [A£V
edccw.) Lingaa juravit^ non mens. Eurip[ide]^. — Socrate ne peut louer. — Socrate parle de l'Amour en philosophe, et en interrogeant toujours. — L'Amour désire quelque chose qui lui manque. Le désir ne va point sans l'indigence. On désire ou pour le présent ou pour l'avenir. L'Amour désire la beauté et la bonté : il n'a donc ni l'un ni l'autre. — On peut facilement contredire Socrate, mais non pas la vérité.
Page 187. (Tbv 8e X6yov xbv 7r£p\ tou "EpwToç — l'axt yàp ov].) Socrate feint d'avoir été instruit par Diotime, prophétesse, de la nature de l'Amour. Il se fait interroger par elle. — H y a quelque chose entre la science et l'ignorance : c'est de penser bien, sans en pouvoir rendre raison. — Il y a un milieu entre le beau et le laid. — Entre le divin et l'humain : ce sont les démons ou anges. L'Amour est de cette nature. Nature des auges. Ils entretiennent le commerce qui est entre les Dieux et les hommes. — Naissance de l'Amour. Il est fils de Porus {i. l'Abondance) et de la Pauvreté.
— Il a toutes les qualités du père et de la mère. — Il n'est point délicat comme on le fait; au contraire laborieux. — Toujours riche, toujours pauvre. — Tout ce qu'il a lui coule des mains.
— L'ignorance est de croire tout savoir et de ne vouloir rien apprendre. — Les philosophes sont entre les sages et les ignorants.
1 . Racine fait ici encore le mot épithète du genre masculin. Voyez ci-dessus, p. 206, note I.