‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 201 sur 394 · I. Pré/ace des Plaideurs, Voyez notre tome II, p · texte numérisé non relu

I. Pré/ace des Plaideurs, Voyez notre tome II, p

HORACE

A la suite des Extraits de Firgile, six pages du même cahier dont nous venons de parler renferment des Extraits d'Horace, qui sont accompagnés de brèves indications du même genre, parmi lesquelles il nous a paru qu'il n'y avait rien à recueillir. Ils appartiennent à seize des vingt-deux premières odes du livre I. Les vu^, viii^, x®, xvm^, xx*^ et xxi^ n'ont fourni aucun extrait.

Dans une Lettre sur quelques notes de Voltaire à la marge d'un exemplaire de Firgile, que Fontanes fit insérer dans le tome I du Mercure de France (i6 messidor an VIII), il parle d'un Horace annoté par Racine, sans désigner d'ailleurs l'édition. Nous n'avons pas rencontré l'exemplaire qu'il a eu en vue; nous devons donc nous borner à transcrire le passage de sa lettre (p. 94) où il en fait mention : a J'ai lu quelques-unes de ses notes {des notes de Racine) à la marge d'un Horace, qui avait passé entre les mains de son fils et de le Franc de Pompignan. On voit que le plus parfait des poètes ne l'était devenu qu'en méditant sans cesse, et dans ses moindres détails, tous les secrets du style poétique.

a II avait marqué plusieurs expressions d'Horace, comme propres à passer dans la poésie française. A côté de celle-ci : nigrurn pulvere [ode vi du livre I, vers 14 i5), il avait écrit noir de poussière, et ajoutait : « Cette expression a peut se transporter avec succès dans notre langue. » C'est dans ce même exemplaire qu'à la marge du passage si connu d'Horace [ode xix du livre I, vers 9 et 10) :

In me tota ruens Venus . ^ '\

Cyprum deseruit...^

on trouvait ce vers admirable de Phèdre {vers 3o6) :

C'est Vénus toute entière à sa proie attachée. »

Des deux notes citées par Fontanes, la première nous semble un peu sortir des habitudes de Racine; mais la seconde surtout nous étonne. Il est bien difficile de croire qu'il ait pu l'écrire avant la tragédie de Phèdre, et qu'il ait ainsi, quand il travailla à cette pièce , été chercher sur la marge de son Horace ce beau vers que prépare si bien celui qui précède :

Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée.

Il faudrait donc plutôt penser qu'il a annoté l'exemplaire d'Horace dont on nous parle en un temps de sa vie où de telles études sont peut-être moins vraisemblables; et qu'il a pris plaisir à se citer lui-même, ce que nous ne voyons pas qu'il ait fait nulle part ailleurs. Le témoignage de Fontanes, qui

HORACE

avait vu de ses yeux cet exemplaire, n'est cepeadant pas récusable. Cet Horace annoté a existé et existe sans doute encore. Tiré de la bibliothèque de le Franc de Pompignan, son origine mérite toute confiance. Mais est-il impossible qu'on se soit trompé en attribuant à Racine des notes qui seraient d'un de ses fils? Nous n'affirmons rien, n'ayant pas nous-même vu le livre.

En un temps que nous n'avons aucun moyen de déterminer, mais que nous croirions volontiers n'avoir pas été fort éloigné de celui oix Racine, dans le cahier mentionné ci-dessus, recueillait les Extraits Horace en y joignant un petit nombre d'indications sommaires, il écrivait des notes, dont la plupart I ne sont guère plus développées, sur les marges d'un exemplaire des Œuvres du même poète. Le volume dont nous parlons est un petit in-8° d'une édition elzévirienne. Il a pour titre : Quintus Horatius Flaccus. Daniel Heinsius ex ernenddtissimis editionibus expressif, et repreesentavit . Editio nova. Ludg, Batav. Ex officina Elseviriorum, Acad. Tjpograph. M.DC.LIII. A la fin du j volume, au-dessus du mot Finis^ Racine a signé son nom, M. de Margency, I gentilhomme ordinaire du Roi, a écrit sur le feuillet de garde : « Ce livre a été V Horace du grand Racine; les notes sont de sa main. Il m'a été donné par son fils. » M. de Margency a lui-même ajouté quelques notes, mais elles se rapportent seulement à la i'* épître du livre I, Toutes les autres sont de Racine. Ce précieux volume appartient aujourd'hui à M. le duc de Broglie, qui a bien voulu nous en donner communication. Un grand nombre de vers y sont soulignés, et il y a certainement quelque intérêt à voir quels passages avaient surtout frappé Racine; mais il faut avoir sous les yeux le livre même, pour y chercher ainsi jusqu'aux moindres traces de l'étude que le poète en avait faite. Dans tous les volumes annotés par Racine, nous avons dû négliger l'indication des vers soulignés. Les notes écrites à la m irge de V Horace paraîtront, nous l'avons déjà dit, bien courtes, et quelquefois peu significatives. Nous en avons omis quelques-unes qui ne sont rien de plus qu'un seul mot, ou un nom propre. On trouvera que nous avons encore poussé l'exactitude assez loin; mais nous ne pouvions éviter de ce côté quelque excès, dès que nou5 voulions donner une idée de la méthode de travail suivie par Racine.

Livre I des Odes. — Ode iv, vers 19 et 20. Beauté fragile. Ode V, vers i. Femme volage.

Ibidem., vers i3-i6. Sage après le naufrage. Ode vr, vers 1-4. Il n'ose chanter des choses hautes. Ode VII, vers i5-i8. Se réjouir quelquefois. Od^ viii, vers 3 et 4- Amant oisif.

Ode IX, vers i5-24. Plaisirs de la jeunesse. Ode XI, vers 1-8. Ne point songer au lendemain. Ode XIII, vers 4- Jalousie.

Ode XVI, vers i5 et 16. Colère.

Ode XIX, vers 5-8. Amour'.

I . Dans cette mtme ode, le vers 9 : In me tota ruens Venus, est non-seu-

LIVRES ANNOTÉS

Ode XXV, vers i3-i5. Amour de vieille.

Ode XXX, vers 5-8. Compagnie de Vénus*.

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