‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 226 sur 394 · DE L'ABBÉ D'AUBIGNAC · texte numérisé non relu

DE L'ABBÉ D'AUBIGNAC

Racine a écrit quelques notes sur les marges d'un exemplaire de la première édition de la Pratique du Théâtre (Paris, chez Antoine de Sommaville, M.DC.LVII, I volume in-4°). Cet exemplaire est à la Bibliothèque de Toulouse. Les plus intéressantes de ces notes ont été recueillies par M. Félix Ravaisson, et publiées dans la livraison de novembre 1846 de la Nouvelle Revue encyclopédique. Quelques erreurs de l'abbé d'Aubignac sont réfutées par Racine. On remarquera surtout la critique qu'il fait d'un passage de la Pratique du Théâtre sur la Rodogune de Corneille. Nous l'cproduisons ici ces notes, en faisant précéder chacune d'elles du texte à la marge duquel elles ont été écrites, et que nous imprimons entre guillemets.

Page 145. « J'ai su d'un homme très-savant aux belles choses, et qui avoit assisté à la représentation du Pastor ^do^ en Italie,... que ce poëme dont la lecture ravit, parce qu'on peut la quitter quand on veut, n'avoit donné que des dégoûts insupportables — Nous voyons que les tragédies {des anciens) n'étoient environ que de mille vers, et encore de vers bien plus courts que nos héroïques. » — Comment peut-il dire que la lecture du Pastor fido ravit ? Il dit j dans cette page que les tragédies des anciens n'étoient environ que I de mille vers, et, dans la page suivante, il dit, avec bien plus de raison, qu'elles ont été jusqu'à seize cents vers. UOEdipe colonéen de Sophocle en marque jusqu'à dix-huit cent soixante.

Pages 167 et 168. « Il {Corneille) fait mourir Cléopatre par un poison si prompt, que Rhodogune en découvre l'effet, auparavant qu'Antiochus ait prononcé dix vers. Véritablement que Cléopatre ait été assez enragée pour s'empoisonner elle-même..., cela est I assez préparé dans tous les actes précédents...; mais que l'effet I du poison soit si prompt que, dans un espace de temps qui suffit à j peine pour prononcer dix vers, on l'ait pu reconnoître, c'est, à I mon advis, ce qui n'est pas assez préparé, parce que, la chose étant j fort rare, il falloit que Cléopatre elle-même, quand elle espère que I le poison la délivrera d'Antiochus et de Rhodogune, expliquât la force de ce poison, et qu'elle en conçût de la joie : vu que par ce

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