TRADUCTION DE QUINTE-CURCE
I Aux feuillets 84-87 du tome II des manuscrits de Racine, conservés a la jiibliothèque impériale, se trouvent des Extraits des livres III et X du Quinte- Uirce de F augelas. Racine a fait de courtes remarques sur quelques-unes des hrases qu'il a recueillies dans cette traduction, si célèbre alors, et regardée comme n modèle de bon langage. Lors même que les citations ne sont accompagnées 'aucune note , il est facile de se rendre compte de ce qu'il y a jugé digne 'attention, surtout lorsqu'il souligne, comme il le fait presque toujours, les liots de la phrase qui l'ont frappé. C'est une étude sur la langue française qui quelque analogie avec celle des Lexiques de notre Collection. Tout ce que i.acine a écrit montre quelle science il avait des nuances les plus délicates de ptre langue; il est curieux de surprendre ici quelque chose du travail auquel 1 devait une telle science. Les secrets du génie restent cachés ; mais ce que le énie doit au travail, se révèle plus facilement.
I Racine a trouvé ces phrases de Vaugelas dans la première édition du Quinteurce, publiée après la mort du traducteur en i653 (Quinte-Curce ^ , de la vie
des actions d"* Alexandre le Grand, de la traduction de M. de Vaugelas....
Paris, chez Augustin Courbé M.DC.HIIy i volume in-4°). Une 3^ édition ; ce livre, très- différente de celle de 1 653, fut publiée en lôSg, dans le même irmat, et chez le même libraire, sur vne nouuelle copie de Vautheur qui a esté puuée depuis la première et la seconde impression. Patru ayant cette fois revu j travail de Vaugelas, il est impossible de savoir quelle part il faut faire à cei-ci dans les nombreux changements qu'on y remarque. Ces changements ont it disparaître de la nouvelle édition une partie des locutions et des tours que acine avait relevés. Rien n'indique cependant qu'il ait voulu noter d'un blâme es divers passages, qui ont fini par donner des scrupules à Vaugelas ou à Papi; mais, comme il s'est attaché surtout à ce qui lui paraissait insolite ou jès-hardi, il n'est pas étonnant que les corrections de lôSg aient si souvent pdifié les extraits mêmes qu'il avait choisis.
|Nous avons imprimé en italique les mots soulignés par Racine. Le chiffre pages est indiqué par lui dans son manuscrit 5 il se rapporte à l'édition de )53, et non à celle de iôSq, dont la pagination n'est pas tout à fait la même.
I . Quinte-Curce est l'orthographe du nom de l'historien latin, dans le titre ,e nous citons. Racine a écrit en tête de ses extraits : Quinte-Curse de Vaugef. Voyez notre tome I, p. 5 16, note 2.
LIVRES ANNOTÉS
On trouvera note, au bas des pages, les changements de l'édition de 1659 qui portent sur les expressions signalées par Racine.
Livre ITI, p. 207. Ce fleuve venant à ièpandre dans la plaine. j Page 208. Us ne faisoient pas mtmc jugement que lui de la { place. — Au jour préfix.
Page 209. Réduire en son obéissance.
Page 214. C'est merveille comme la fortune gâte et pervertit la nature.
Page 21 5. Le plus salutaire conseil qu'on lui eût su donner.
Page 222. Ce fleuve n'est pas si renommé pour la grandeur de son canal que, etc. — Il Répand dans un lit de gravier fort pur.
Page 223. Car outre que c'étoit un défilé, il se rencontrait que, etc. — Le chemin étoit rompu par Vaffluence des ruisseaux qui descendent du pied des montagnes *.
Page 226. Ayant fait entrer familiers^ et ses médecins. — Provoquer au combat. — Une mort prompte n^est meilleure qu'une tardive guérison.
Page 228. Ces lettres le mirent en une étrange perplexité.
Page 22g. Philippe, après l'avoir toute lue, i. (c^est-à-dire)\a. lettre.
Page 23o. Il lui présenta la main en signe de confiance^.
Page 233. Ayant été mis en délibération * si..., etc.
Page 2 34- Il n'y eut pas grand'peine à faire approuver un avis si raisonnable^. — Il étoit des premiers dans sa confidence. — Que cela le mettroit en haute estime.
Page 235. Il différoit de jour en jour, attendant de rencontrer l'occasion à propos^. — Un revers de fortune.
Page 236. Et qui l'étoient venus servir'. — En matière de guerre, la réputation fait tout.
Page 237. De téméraire, devenu sage tout à coup. — Tout cela n'étoit que paroles jetées en l'air avec plus de pompe que de vérité*.
Page 239. Cette armée, grande et mal ordonnée comme elle
1. Édition de iCSg : par la chute des torrents qui descendent des montagnes.