SUR L'ORTHOGRAPHE FRANÇOISE
j L'Académie françoise, au temps où Racine venait d'y entrer, avait fait im- \ primer, et distribuer évidemment à tous ses membres, une petite brochure in-4° de 6l pages, intitulée : Cahiers de Remarques sur V orthographe française pour estre examinez par chacun de Messieurs de V Académie^ (s. 1. n. d.). A la dernière p^ge de l'exemplaire qui paraît avoir été destiné à Racine, et qui est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque impériale, on a écrit, à côté du mot fin : « M. Racine. » L'écriture de Racine se reconnaît dans quelques petites corrections typographiques, et ausâi dans deux observations qu'on trouve sur les marges de cet exemplaire. Nous allons transcrire ces observations. Elles sont assurément de peu d'importance; cependant l'orthographe a j son histoire; et, dans les éditions de cette collection, on a coutume de signaler ce qu'elle offre de remarquable chez les grands écrivains.
Page 7. Quand dans la composition du mot la préposition A est suivie
' d'vn G ou d\ne M, ces consones^ ne se doublent point Exceptez, pour
le G, les mots ou il est déjà double en latin, comme aggreger, aggres-
1. M. Marty-Laveaux a publié en i863 ces Cahiers de Remarques (Paris, Jnles Gay, i volume petit in-12), d'après la seconde édition. C'est aussi sur un exemplaire de la seconde que Racine a écrit ses notes. Elle a, comme nous le disons, 61 pages; la première en a 71. C'est l'historien Mézeray qui avait été chargé par l'Académie de rédiger ce traité. Son manuscrit est à la Bibliothèque impériale (fonds français, n" 9187) ; il avait été soumis à plusieurs des plus
I illustres membres de la Compagnie, Bossuet, Pellisson, etc., qui y ont mis leurs I observations. L'époque où l'Académie s'est occupée de ce travail sur l'orthographe est ainsi indiquée au haut du troisième feuillet : a Cet ouurage a esté commencé un lundy 14. d'aoust, et finy un jeudy 12. d'octobre 1673. » Racine avait été reçu le 12 juillet précédent. Est-ce parce qu'il était encore si nouveau à l'Académie que son nom ne se trouve pas sur la liste des membres (treize en tout) auxquels on avait demandé leur avis sur le projet de Mézeray? Cette liste est en tête du manuscrit, sur le feuillet qui précède le titre.
2. Dans ces deux extraits des Cahiers de Remarques et dans les observations qui les accompagnent, nous reproduisons l'orthographe de l'ancienne impres-
f «on et celle de Racine.
LIVRES ANNOTÉS
SEUR, AGGRAVER, EXAGGERER. — Je ne voudrois qu'un G à exagérer; et je sens quelque différence dans la prononciation à''aggreger^ et des autres où on prononce en quelque façon le double G, au lieu j qu'il me semble qu'on ne le prononce point du tout dans exa- \ gérer ' . i Pages 7 et 8. Toute autre consone que le G ou se double après j la préposition A. Exemple : abbatre, abbonner, abbreuver, abbre- | GER, abbreviation, abbrutir, etc . — Je mettrois tousjours abréger^ avec un B simple*.
1 . Bossuet, dans une observation qu'il a faite sur le manuscrit dont il est parlé dans la note i de la page précédente, dit, comme Racine, qu'il ne met qu'un g à exagérer, et qu'il en met deux à aggresseur^ aggraver. Voyez l'édition de M. Marty-Laveaux, Introduction^ p. xx.
2. Bossuet, dans l'observation que nous venons de citer, ne parle point d'abréger^ mais il dit au sujet d'un autre de ces doubles b : a abattre, quoi que nous fassions, l'emportera contre abbattre, »
LETTRES
NOTICE
Quelque vrai et quelque facile à prouver qu'il soit que, dans toutes les précédentes éditions des OEuvres de Racine , sa correspondance a subi d'innombrables mutilations et des altérations de toute sorte , nous éprouvons un certain embarras à emprunter pour le dire le langage même de nos devanciers. Ceux-ci en effet, si étrangement inexacts, malgré tous les moyens qu'ils avaient, aussi bien que nous, de transcrire fidèlement les lettres autographes, ont épuisé avant nous toutes les formules pour annoncer qu'enfin et pour la première fois le lecteur allait avoir sous les yeux un texte qui méritait toute confiance. C'est ce que nous avons déjà fait remarquer aux pages II, XV et xvi de Y Avertissement qui est en tête de notre tome I.
La première publication des lettres de Racine est due à son fils Louis. En livrant à l'impression, à laquelle elle n'était pas destinée, la correspondance intime de son père, évidemment Louis Racine a pensé que non-seulement son droit, mais son devoir était d'en retrancher beaucoup de passages, de corriger, de retoucher tout ce qui était ou lui paraissait écrit avec néghgence. Des expressions, des tours avaient vieilli : ne fallait-il pas les rajeunir? Ici quelque incorrection avait échappé à la rapidité de la plume : ne devait-elle pas être effacée? Tel détail était sans intérêt pour le public, et faisait longueur : le supprimer rendrait la lecture des lettres plus facile et plus agréable. Quelquefois tout s'arrangerait mieux en rapprochant des fragments de lettres diverses, pour en faire une seule. Dans la correspondance de la première jeunesse, la plume de Racine prenait des licences, et s'il était impossible d'expurger ces lettres de tous les traits de gaieté,
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il y en avait quelques-uns cependant qui décidément étaient trop vifs, et que les scrupules respectueux d'un fils ne pouvaient y laisser. Voilà, sans nul doute, l'idée que Louis Racine s'était faite de ce qu'exigeait de lui le soin d'une mémoire vénérée. Ajoutons que, parmi les changements qu'il a faits, il y en a beaucoup qui ne s'expliquent pas, et qu'il apportait d'ailleurs quelque négligence à son travail. Son inexactitude, tantôt involontaire, tantôt préméditée, eût été sans remède pour toutes les lettres qu'il a publiées, et qui forment la plus grande partie de celles que nous possédons, s'il n'avait lui-même déposé à la Bibliothèque du Roi les originaux de ces lettres.
Luneau de Boisjermain, lorsqu'il fit son édition de 1768, pouvait rétablir le véritable texte d'après les autographes : il s'est contenté de reproduire le texte donné par Louis Racine.
L'éditeur de 1807, Germain Garnier, comprit que le travail était à refaire : il aimait l'exactitude, et elle lui était ici trèsfacile, puisqu'il n'avait qu'à transcrire fidèlement les lettres originales qu'il savait où trouver. Dans X Avertissement qu'il a mis en tête des Lettres de Racine (tome VII, p. 61-64) ? il déclare que, dans son édition, ces lettres « paraissent, pour la première fois, telles qu'elles sont, d'après les manuscrits autographes déposés à la Bibliothèque impériale, ou conservés par sa famille. » Cependant son texte, très-infidèle, donne le plus singulier démenti à des promesses si formelles. Comment supposer qu'il ait voulu induire le public en erreur? Voici plutôt ce que nous croyons vraisemblable : au lieu de ne s'en rapporter qu'à lui-même pour la révision des lettres pubHées par Louis Racine, il aura chargé de ce travail des personnes qui ne s'en sont pas acquittées avec assez de conscience. Le bénéfice d'une explication semblable doit s'étendre aux éditeurs des temps suivants, dont le texte ne vaut pas beaucoup mieux, et qui, sans doute avec la même bonne foi, ont tour à tour prétendu avoir comblé les lacunes et porté remède aux altérations des pubhcations antérieures. La partie la plus malaisée de la tâche de l'éditeur est celle dont Germain Garnier s'est le mieux acquitté. Il y avait dans la correspondance de Racine beaucoup de passages à éclaircir par des notes : celles que l'on doit à Germain Garnier, sans donner satisfaction sur tous les
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points , ont été et seront toujours du plus grand secours pour tous les éditeurs venus après lui; c'est un travail fait avec grand soin, sur des renseignements que lui seul a eus à sa disposition, j Geoffroy, dans la Préface du Commentateur, qui est aux pages 43 et suivantes du tome Vil de l'édition de 1808, dit (p. 46) : « Nous rétablissons le texte dans toute sa pureté et dans toute son intégrité, d'après des manuscrits originaux de la main même de Racine; » et à la page 49 du même tome, dans une note sur X Avertissement de Louis Racine : « Je me llatte que le public me saura quelque gré de lui faire connoître les lettres de Racine telles qu'il les a écrites. »
Aimé-Martin, au tome VI de son édition de 1844, p. 3i, exprime dans une note, comme Geoffroy l'avait fait avant lui, son étonnement du peu de fidélité du texte de Louis Racine, lorsqu'on le confronte avec les manuscrits autographes, et affirme que le véritable texte « est rétabli dans la présente édition, ainsi que l'ordre chronologique. »
On voit que, l'un après l'autre, chacun de ces éditeurs s'est donné pour le premier qui ait complètement reproduit le texte des manuscrits; et cependant de l'édition de 1807 aux suivantes le progrès est assez faible. Dans la dernière de toutes, c'est-à-dire dans celle d'Aimé-Martin, qui a passé pour définitive, les passages des lettres de la jeunesse, qui, cette fois encore, ont été ou défigurés, ou entièrement omis, dépassent en nombre et en étendue ceux qui ont été rétablis pour corriger le texte de Louis Racine. Des phrases, des pages entières, chose à peine croyable, sont restées supprimées. Nous ne craignons pas d'encourir les mêmes reproches; car nous avons nous-même, suivant notre habitude, tout collationné scrupuleusement, et, en outre, soumis notre travail, pour plus de sûreté, au contrôle d'une seconde collation, dont a bien voulu se charger M. Cattant, ancien professeur de l'Université, dont le concours nous a été également utile dans la révision du texte des autres manuscrits de Racine.
. La première note de chaque lettre dira où l'on en trouve ! maintenant, quand nous le saurons, l'original autographe. Ceux qui sont conservés à la Ribliothèque impériale et les deux lettres, l'une de Racine à Roileau, l'autre de Boileau à Racine, qui sont à la bibliothèque du Louvre , ont été revus
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deux fois, comme nous venons de le dire*. La seconde des lettres écrites par Racine à la Fontaine, dont le manuscrit n'est point dans ces bibliothèques, a été corrigée d'après une copie de Louis Racine , que M. Auguste de Naurois a bien voulu | nous communiquer. Cette copie contient un assez grand nombre de vers qui étaient demeurés inédits, Louis Racine ayant jugé à propos de les supprimer, lorsqu'il publia cette lettre. !
La correspondance entre Racine et Boileau avait été depuis j longtemps donnée avec exactitude, particulièrement par M. Ber- j riat-Saint-Prix , dans son excellente édition des OEuvres de \ Boileau. Le texte des lettres de Racine à son fils aîné Jean- \ Baptiste avait été beaucoup moins altéré que celui des lettres i de la jeunesse; il était loin cependant jusqu'ici d'avoir été re- i produit dans toute sa pureté.
Trois lettres de Racine avaient été imprimées en 177 3 avec ! une lettre de le Franc de Pompignan à Louis Racine; une 1 seule de ces lettres avait trouvé place dans les précédentes I éditions des OEuvres de notre auteur; les éditeurs l'avaient j prise ailleurs que dans cette impression de 1773 : ils ne connaissaient pas le petit volume où elle avait été publiée, avec les deux autres que nous sommes les premiers à joindre aux OEuvres; ceux qui possèdent aujourd'hui les autographes de ces deux dernières, les regardaient eux-mêmes comme inédites.
C'est pour la première fois aussi que , dans une édition des Œuvres de Racine^ auront été données les lettres que M. l'abbé Adrien de la Roque a publiées en 1862. Son texte, que M. Adolphe Régnier fils est allé revoir sur les autographes i qui sont conservés à la Ferté-Milon et à Soissons, dans la fa- | mille de Racine, a été trouvé très - exactement conforme à ces I manuscrits, jusque pour l'orthographe, que M. l'abbé de la Roque a fidèlement reproduite. Nous faisons remarquer ce dernier caractère de son édition, parce qu'elle conserve par là une valeur particulière. Nous avons dû, pour nous, suivre dans le texte de ces lettres, comme dans celui de tous les écrits de Racine, la règle différente que nous nous sommes faite pour l'orthographe de notre édition.
I. Voyez sur les originaux des lettres, comme sur les manuscrits de Racine en général, la Notice bibliographique.
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En un point, nous nous sommes beaucoup e'carté de l'e'dition de M. l'abbe' de la Roque. La manière dont il a suppléé les dates qui manquent à la plupart des lettres publiées par lui nous a fréquemment paru devoir être réformée. Le plus souvent Racine ne datait ses lettres que du jour de la semaine, ou de ce jour, du quantième et du mois, très-rarement de l'année. Dans toute sa correspondance, nous avons étudié avec soin les indices de la véritable date de chaque lettre, sans accepter de confiance celle qu'avaient adoptée nos devanciers. Quand la date que nous proposons peut être contestée, nous ne manquons pas de dire qu'elle est incertaine; pour la plupart des lettres, il ne nous a paru y avoir aucun doute. Toutefois, nous avons toujours enfermé entre crochets les dates qui ne sont pas dans les autographes.
L'annotation de la correspondance de Racine laissait beaucoup encore à désirer dans les précédentes éditions. Nous i nous sommes efforcé de donner des éclaircissements sur tous ! les passages qui en demandaient. Les plus difficiles à expliquer complètement sont ceux où il est question de parents et d'amis qui n'ont laissé aucune trace dans l'histoire. Nous avons pu connaître la plupart d'entre eux par une comparaison attentive des différentes lettres, et par les nombreux actes de baptême, de mariage et d'inhumation que nous avons nous-même relevés sur les registres de la Ferté-Milon, et qui nous avaient été déjà d'un grand secours pour notre Notice biographique .
Nous croyons avoir, la plupart du temps, débrouillé cette nombreuse parenté de Racine; quelquefois cependant un peu d'incertitude ne pouvait être évitée : il y a, comme l'on verra, quelque danger de confusion, au milieu de tous ces oncles, tantes, cousins et cousines, qui portaient le même nom.
Louis Racine avait formé des recueils distincts de la correspondance de Racine avec ses amis de jeunesse, puis avec I Boileau, puis avec son fils Jean-Baptiste. C'est ainsi qu'on a I adopté dans les plus anciennes éditions des lettres de Cicéron, ! et conservé depuis dans la plupart des réimpressions, certaines I divisions auxquelles ont été donnés des titres plus ou moins i exacts.
j Les éditeurs de 1807 ont partagé la correspondance de Ra-
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cine en six recueils : i** ses lettres aux amis de sa jeunesse; 2*» sa correspondance avec la Fontaine; 3*^ sa correspondance avec Boileau ; 4** ses lettres à son fds aîné ; 5<* ses lettres à diverses personnes; le sixième recueil est composé de lettres écrites à Racine, ou à son sujet, par des personnes célèbres de son temps.
GeofTroy et Aimé-Martin ont, à de légers changements près, suivi le même plan.
La correspondance avec la Fontaine, dont il ne reste que trois lettres, n'aurait point dû, ce semble, former de division distincte; mais les lettres de jeunesse ont véritablement un caractère particulier et se classent bien à part par leur date; la séparation même de la correspondance avec Boileau et de celle qui s'adresse à Jean-Baptiste Racine peut sembler assez naturelle, quoique dans l'ordre chronologique elles se trouvent mêlées. Nous aurions donc pu être tenté de nous conformer à un usage depuis longtemps consacré , en nous contentant de le modifier légèrement; mais les lettres publiées par M. l'abbé de la Roque auraient exigé une nouvelle division : de ces lettres les unes appartiennent au temps de la jeunesse de Racine, les autres ont été écrites plus tard, quelquesunes jusque dans les dernières années. Leur classement à part eût peut-être été arbitraire ; en général, toutes ces divisions en Recueils ont plus ou moins ce défaut. En rangeant d'ailleurs toutes les lettres, sans distinction, dans l'ordre des dates, les éclaircissements qu'elles tirent souvent les unes des autres s'offrent plus aisément. C'est donc dans cet ordre que la fin de ce volume et le volume suivant vont les présenter au lecteur. Nous ne donnerons séparément que quelques lettres qui ne sont ni de Racine, ni adressées à Racine, mais qui ont été écrites à son sujet. Au surplus, nous n'avons fait que suivre la règle adoptée pour toutes les correspondances dans la Collection des grands écrivains de la France.
Ce que l'on trouvera ici d'entièrement inédit n'est pas très-considérable. On a lieu de s'étonner qu'outre les lettres qui avaient été conservées dans la famille de Racine, et que M. Adrien de la Roque a publiées, il n'en ait point été découvert un certain nombre depuis les dernières éditions des OEuvres de Racine. Sa correspondance a été sans nul doute
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très-étendue; et parmi ses correspondants il faut vraisemblablement compter beaucoup de personnes illustres de son temps. Il n'est pas croyable que toutes ces lettres aient été détruites ou perdues. Comment se fait-il donc que les fLimilles qui doivent les posséder ne les produisent pas ? Il est particulièrement difficile à expliquer que nous n'ayons presque aucune lettre des années qui ont été les plus brillantes de la vie de Racine et ont vu naître tous ses chefs-d'œuvre dramatiques profanes, depuis Andromaque jusqu'à Phèdre : elles ne seraient certes pas les moins intéressantes pour sa biographie.
Fréron, dans son Année littéraire (1758, tome II, p. 19), cite une lettre très-digne d'attention que lui avait adressée , vers 1751 ou i753, Charles-Louis de la Fontaine, petit-fils du fabuliste, né le 25 avril 1720, mort le i5 novembre 1757. i Lorsqu'il écrivait à Fréron, Charles-Louis de la Fontaine était dans le comté de Foix, où il surveillait l'administration des ; biens du marquis de Bonnac, dont il était le secrétaire et ï l'ami. « Croiriez-vous, disait-il dans la lettre citée par \ Année I littéraire^ que j'eusse trouvé au pied des Pyrénées des lettres de mon grand-père ? J'en ai sur ma table quelques-unes en vers et en prose. Outre cela, j'ai environ cinq cents lettres de Racine^ quarante de Mme de la Sablière..., enfin des lettres ! de tous les illustres du règne de Louis XIV, depuis 1676 jusqu'en 1716. » M. Rathery, dans Y Amateur d autographes (i5 avril 1862), a signalé cette lettre, qui semblait oubliée depuis longtemps. Il avait lui-même provoqué une enquête, qui pouvait mettre sur la trace d'un trésor un moment entrevu, puis laissé de côté avec tant de négligence. Le petit-fils de la Fontaine, quelque incroyable que puisse paraître un tel nombre de lettres inédites, n'avait pu vouloir en imposer ridiculement, lorsqu'il affirmait les avoir sur sa table. On a moins de I peine à croire à l'insouciance héréditaire qui l'aurait laissé I s'endormir à côté de ces richesses placées sous sa main. On s'explique très-bien que dans les archives du château de Bonnac, qui est à une lieue de Pamiers, il ait pu trouver des lettres de Racine; car on sait qu'un Bonnac avait été lié avec notre poète, dont il avait protégé le fils aîné auprès de son oncle M. de Bonrepaux. Encouragé par toutes ces considérations, M. Rathery s'était adressé à l'abbé Santerre, grand J. IIacink. VI 24