Racine a écrit de par inadvertance
LETTRES
je m'en suis enquis à M. FAvocat. Je n'oserois donc y j aller. En eifet, avec quel front lui demanderois-je qu'elle ! écrivît à une personne qui ne lui écrit qu'une lettre du- I rant un voyage d'un mois? Voyez-vous? ce procédé I n'est point du tout soutenable, et vous tenez un peu j trop de l'humeur de ce gentilhomme qui, à ce que dit 1 la reine Marguerite^, ne se soucioit point de faire des ! querelles ^ avec ses maîtresses, parce qu'il s'assuroit sur ses belles qualités qui le faisoient courir de tout le monde. Je veux bien qu'on vous coure comme lui, mais il ne faut pas lasser les gens en les laissant courir I tout seuls : il est de la civilité d'aller au-devant d'eux, j Je vous parle avec chaleur, comme vous voyez, et je I vous fais des remontrances. Mais il y va de mon intéi rêt, aussi bien et plus encore que du vôtre. Car je ne subsiste que par vous auprès de Mlle Lucrèce, et je participerai assurément à vos disgrâces, au lieu qu'il m'est plus incertain si j'aurai part à votre faveur. Quoi qu'il en soit, je vous excuse dans le fond**, et comme les lettres que vous écrivez à la t-liarmante Parthénice sont
8. Marguerite de Valois, reine de Navarre, sœur de François 1^*', — Voici le seul passage de VHeptaméron qui ait quelque rapport^
\ mais d'un peu loin, avec ce qui était resté dans la mémoire de Ra~ j cine. Il est dans la nouvelle lviii : « Il n'y avoit gentil-liomme en la cour qui menast plus la guerre aux dames que cestuy-là : et estoit tant aimé et estimé d'un chacun que l'on n'eust voulu pour rien se trouuer au danger de sa mocquerie. » (Voyez à la page 681, dans l'édition de Loys Cloquenin. Lyon, 1681, i volume in-i6.)
9. Nous donnons cette phrase telle qu'elle est dans l'autographe. Racine n'a pas écrit : « de se faire des querelles. »
10. U y avait d'abord : « incertain de savoir si...; » de savoir a été biffé.