Fort est écrit au-dessus de plus^ effacé
LETTRES
~ m'approchai d'elle et lui parlai. Ce que je vous dis là m'est arrivé il n'y a pas un mois, et je n'avois point d'autre dessein que de voir quelle réponse elle me feroit. Je lui parlai donc indifféremment, mais sitôt que j'ouvris la bouche et que je l'envisageai, je pensai demeurer interdit. Je treuvai sur son visage de certaines bigarrures, comme si elle eût relevé de maladie, et cela me fit bien changer mes idées ^ Néanmoins je ne demeurai pas*^, et elle me répondit d'un air fort doux et fort obligeant; et pour vous dire la vérité, il faut que je Taie prise en quelqu'un de ces jours fâcheux et incommodes où le sexe est sujet; car elle passe pour fort belle dans la ville, et je connois beaucoup de jeunes gens qui soupirent pour elle du fond de leur cœur; elle passe même pour une des plus sages et des plus enjouées. Enfin je fus bien aise de cette rencontre, qui me servit du moins à me délivrer de quelque commencement d'inquiétude; car je m'étudie maintenant à vivre un peu plus raisonnablement, et à ne me laisser pas emporter à toute sorte d'objets. Je commence mon noviciat, mais je souhaiterois qu'on me le fît achever à Ouclîie^*. Je vois bien que vous êtes disposés, vous et mon cousin, à travailler pour moi de ce côté-là, et je passerai volontiers par-dessus toutes ces considérations d'habit noir et d'habit blanc qui m'inquiétoient autrefois, et dont vous me faisiez tous deux la guerre. Aussi il n'y a plus d'espérance en ces quartiers. On a reçu
g. Au lieu de : « comme si elle eût relevé de maladie, etc. », on lit encore sous les ratures : « comme si elle eût changé de peau, qui me firent bien changer d'idée. »
10. C'est-à-dire : « je ne m'arrêtai pas, je poursuivis l'entretien sans retard. »
11. Le P. Sconin songeait alors à faire obtenir à son neveu le prieuré d'OwcA/e (Oulchy ou Aulchy-le-Château), dans le Soissonnais. Voyez la Noiice biographique^ p. 82.
LETTRES
nouvelle aujourd'hui que raccommodement étoit pies- ~ que fait avec les Pères de Sainte-Geneviève ^^ Ainsi je ne puis plus prétendre ici qu'à quelque chapelle de vingt pu vingt-cinq écus. Voyez si cela vaut la peine que je I prends. Néanmoins je suis tout résolu de mener toujours le même train, et d'y demeurer jusqu'à ce que mon cousin m'en retire pour quelque meilleure espérance. Je gagnerai cela du moins que j'étudierai davantage, et que j'apprendrai à me contraindre, ce que je ne savois point du tout. Je vous prie de communiquer à mon cousin cette nouvelle, qui est certaine, et que Monsieur Farchev[êque] d'Arles a mandée aujourd'hui à Monsieur d'U- , sez^*; car ce sont eux deux qui ont fait ce beau dessein I sans en parler à personne. Enfin, comme je mandois à j M. Vitart, il semble que je gâte toutes les affaires où je suis intéressé. Je ne sais si mon malheur nuira encore à la négociation que mon cousin entreprend pour Ouchie. Quoi qu'il en soit, croyez que, s'il en vient à bout, urhem quant statao^ vestra est'^'^ . Je pourrois être le seul titulaire ; mais nous serons bien quatre bénéficiers. Vous n'y serez point M. Thomas*''; mais vous