‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 301 sur 394 · Plus tôt mort que changé · texte numérisé non relu

Plus tôt mort que changé

Lettre 3i. — i. Revue sùr l'autographe, conservé à la Bibliothèque impériale, r

LETTRES. 471

pourroit treuver ici, et il m'a laissé la charge de pourvoir cependant à toutes choses. J'ai de fort beaux emplois, comme vous voyez, en ce pays-ci, et je sais quelque chose de plus que manger ma soupe, puisque je la sais bien faire apprêter. J'ai appris ce qu'il faut donner au premier, au second et au troisième service, les entremets qu'il y faut mêler, et encore quelque chose de plus; car nous prétendons faire un festin à quatre services, sans compter le dessert. J'ai la tête si remplie de toutes ces belles choses-là, que je vous en pourrois faire un long entretien; mais c'est une matière trop creuse sur le papier, outre que, n'étant pas tout à fait bien confirmé dans cette science, je pourrois bien faire quelque pas de clerc, si j'en parlois encore longtemps.

Je ne vous prie plus de m' envoyer des Lettres provinciales ^ : on nous les a prêtées ici ; elles étoient entre les mains d'un officier de cette ville, qui est de la religion. Elles sont peu connues, mais beaucoup estimées de ceux qui les connoissent. Tous les autres écrits de cette nature sont venus pour la plupart en ce pays, jusques aux Nowelles méthodes^ . Tout le monde a les Plaidoyers de M. le Maistre *. Enfin on est plus cu=

2 . Louis Racine a mis : « Je vous prie de m'envoyer les Lettres provinciales », et retranché tout ce qui suit jusqu'aux mots : « Nos moines» (p. 472)- On s'explique aisément de sa part cette suppression d'un passage où il est dit que les Provinciales et les autres écrits de Port-Royal n'étaient à Uzès qu'entre les mains des huguenots. Louis Racine a également supprimé plus bas ce qui est dit du P. Meynier.

3. Les Nouvelles méthodes de Lancelot, pour apprendre la langue latine (i644)? powr apprendre la langue grecque (i655), pour apprendre la langue italienne (1660), pour apvrendre la langue espagnole (1660).

4. Ils avaient été publiés pour la première fois à Paris, en lôô^ (in-folio) .

LETTRES

y^T^ rieux que je ne croyois pas. Ce ne sont pourtant que (les huguenots; car pour les catholiques, ôtez un ou deux (le ma connoissance, ils sont dominés par les jésuites. Nos moines sont plus sots que pas un, et, qui plus est, de sots ignorants, car ils n'étudient point du tout. Aussi je ne les vois jamais, et j'ai con(îu une certaine horreur pour cette vie fainéante de moines, que je ne pourrois pas bien dissimuler. Pour le P. Sconin, il est, sans mentir, fort sage et fort habile homme, peu moine et grand théologien. Nous avons ici le P. Meynier, jésuite, qui passe pour un fort grand homme. On parle de lui dans la Seizième lettre au provincial^ . Il n'a pas mieux réussi à écrire contre les huguenots, que contre M. Arnaud. Il y avoit ici un ministre assez habile, qui le traita fort mal. M. le prince de Conty ^ se fie à lui, à ce qu'on dit, et il lui a donné charge d'examiner tous les prêches qui seroient depuis l'édit de Nantes, afin qu'on les démolît. Le P. Meynier a fait donner indiscrètement assignation à trois prêches de ce quartier ; et on nous dit hier que les commissaires avoient été obligés de donner arrêt de confirmation en faveur de ces prêches. Cela fait grand tort au P. Meynier et aux commissaires. Je vous conte tout cela, parce qu'on ne parle d'autre chose en cette ville. Il y a un évêque de cette province que les jésuites ne peuvent souffrir : c'est Monsieur d'Aledi que vous connoissez assez ^ de réputation.

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