‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 304 sur 394 · DE RACINE A M. VITARÏ · texte numérisé non relu

DE RACINE A M. VITARÏ

A Uzés, le 6. juin 1662.

Quoique je vous aie écrit par le dernier ordinaire, toutes vos lettres me sont trop précieuses pour en laisser une seule sans réponse. Croyez que c'est le plus grand soulagement que je reçoive en ce pays-ci, parmi tous les sujets de chagrin que j'y ai. Mon oncle est encore malade, et cela me touche sensiblement; car je vois que ses maladies ne viennent que d'inquiétude et d'accablement : il a mille affaires, toutes embarrassantes ; il a payé plus de trente mille livres de dettes, depuis que je suis ici, et il s'en découvre tous les jours de nouvelles : vous diriez que nos moines avoient pris plaisir à se ruiner, tant ils se sont endettés. Cependant, quoique mon oncle se tue pour eux, il reconnoît de plus en plus la mauvaise volonté qu'ils ont pour lui : il en reçoit tous les jours des avis, et avec tout cela il faut qu'il dissimule tout. Il traita splendidement Monsieur d'Usez la semaine passée, et Monsieur d'Usez témoigne toute sorte de confiance en lui; mais il n'en attend rien. 11^ a des

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