Voyez ci-dessus la note 12 de la lettre 29, p
Lettre 32 (revue sur l'autographe, conservé à la Bibliothèque impériale.) — i. L'évêque d'Uzès. Les éditeurs précédents ont corrigé l'équivoque en substituant les mots cet évêque au pronom //.
LETTRES. 47
gens affamés à qui il donne tout. Mon oncle est si lassé de tout cet embarras-là, qu'il me pressa beaucoup avant-hier pour recevoir son bénéfice par résignation. Cela me fit trembler, voyant Tétat où sont les affaires, et je lui sus si bien représenter ce que c'étoit que de s'engager dans des procès, et au bout du compte demeurer moine sans titre et sans liberté, que lui-même est tout le premier à m'en détourner, outre que je n'ai pas l'âge, parce qu'il faut être prêtre; car quoiqu'une dispense soit aisée, ce seroit nouvelle matière de procès; et je serois traité de Turc à More par les réformés. Enfin il en vint jusque-là qu'il voudroit treuver un bénéficier séculier qui voulût de son bénéfice à condition de me résigner celui qu'il auroit ; mais il est difficile qu'on en trouve. Vous voyez par là si je l'ai gagné, et s'il a de la bonne volonté pour moi. Il est résolu de me mener un de ces jours à Nîmes ou à Avignon, pour me faire tonsurer, afin qu'en tout cas, s'il vient quelque chapelle, il la puisse impétrer; car dès que les réformés seront rétablis, vous êtes assurés^ qu'ils ne me verront pas volontiers avec lui ; et son bénéfice se treuve malheureusement engagé pour trois ans, si bien qu'il n'en peut jouir, car il Ta engagé lui-même, pour donner exemple aux autres. S'il venoit à vaquer quelque petite chose dans votre détroit^, souvenez-vous de moi, sauf les droits de Monsieur l'Abbé, que je consens de bon cœur que vous préfériez aux miens. Je crois qu'on n'en murmur eroit pas à P. R.*, puisqu'on voit bien que je suis ici dévoué à l'Eglise. Mon oncle est résolu d'écrire à son frère qu'il remette entre vos mains l'affaire d'Anjou;