‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 317 sur 394 · Son grand-père, Pierre Sconin · texte numérisé non relu

Son grand-père, Pierre Sconin

LETTRES

eu jamais tant de joie au monde, et que je garde sa lettre comme un trésor. Je Ten remercierai au premier jour. Cependant je vous prie de le faire pour moi, et de lui dire que j'ai été voir ma tante Suzanne ^, qui m'a reçu avec bien de Famitié, et qui est assurément une fort bonne personne. J'irois la voir plus souvent n'étoit que son quartier est fort éloigné du nôtre, et qu'avec cela il a fait fort sale à Paris tous ces jours passés. Et puis, lorsque j'ai un moment de loisir, je vais à Port- Royal, où ma mère est maintenant. Elle est malade à l'extrémité, et il n'y a pas d'apparence qu'elle en revienne. Je ne vous saurois dire combien j'en suis affligé, et il faudroit que je fusse le plus ingrat du monde, si je n'aimois une mère qui m'a été si bonne, et qui a eu plus de soin de moi que de ses propres enfants. Elle n'a pas eu moins d'amitié pour vous, quoiqu'elle n'ait pas eu l'occasion de vous le témoigner.

On vous aura dit peut-être que le Roi m'a fait promettre * une pension^ ; mais je voudrois bien qu'on n'en eût point parlé jusqu'à ce que je l'aie touchée. Je vous en manderai des nouvelles. Et cependant n'en parlez à personne; car ces clioses-là ne sont bonnes à dire que quand elles sont toutes faites. Ecrivez-moi, je vous prie; car vos lettres me sont ^ les plus agréables du monde. Ma tante Vitart est bien aise aussi quand vous lui écrivez.

3. Suzanne Sconin, fille de Pierre Sconin. D'après un ancien tableau généalogique, elle fut, nous ne savons à quelle date, religieuse à la Ferté-Milon. M. l'abbé de la Roque a pensé qu'il s'agissait de Suzanne des Moulins, sœur de la grand'mère de Racine et de la mère de Nicolas Vitart. Mais Suzanne des Moulins, religieuse à Port-Royal, était morte en 1647.

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