‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 332 sur 394 · DE RACINE A · texte numérisé non relu

DE RACINE A

A Paris, le 28. [octobre 1678^].

Je vous suis bien obligé. Monsieur, de la promptitude avec laquelle vous avez bien voulu me faire réponse. Je

serait donc Phèdre^ que Racine achevait en 1676. Quant aux deux tragédies sacrées, il ne saurait en être question ici, puisque Racine prie le P. Bouhours de faire part de la lecture de sa pièce au P. Rapin, qui mourut en 1687. Cela nous dispense de faire remarquer que la tragédie sur laquelle notre poëte désirait avoir les observations critiques du célèbre jésuite ne pouvait être Esther, qui n'a que trois actes.

Lettre 46 (copiée sur l'autographe, appartenant à M. Boutron- Charlard). — i. La familiarité de ce billet pourrait donner à croire qu'il est adressé à Boileau. L'authenticité en est-elle bien certaine? Nous ne nous en portons nullement garant, quoique l'écriture semble bien être celle de Racine. Ces quelques lignes sont d'ailleurs assez insignifiantes pour que la lettre ait pu sans peine être fabriquée.

2. La réception de l'abbé Colbert ayant eu lieu le 3i octobre iif)78, nous avons complété la date de la manière que nous croyons la plus vraisemblable.

LETTRES. 5i7

ne mets pas moins d'empressement moi-même à vous — renvoyer le commencement de la réponse que je dois ^ prononcer à la réception de M. Tabbé Colbert, dont la feuille s'est égarée. Je vous conjure de m' envoyer votre sentiment sur tout ceci . Je suis entièrement à vous ^ .

Bacine.

DE RACINE A MADEMOISELLE RIVIERE*. 1681

A Paris, ce 10* septembre 1681,

Je vous envoie, ma très-chère sœur, une lettre de mon oncle Racine par laquelle il me prioit de donner quelque argent à mon cousin son fils ^ . Je lui ai donné trentetrois livres, comme vous verrez par le reçu de mon

3. A la suite de ce billet est la transcription du commencement de la harangue jusqu'aux mots : «Vous n'avez guère tardé à exciter notre admiration. » Voyez notre tome IV, p. 35i et 352 : nous y renvoyons le lecteur, la transcription jointe au billet étant exactement semblable au texte donné par le recueil de Coignard. On peut voir cependant par les variantes que nous avons citées au lias des pages indiquées ci-dessus , que Racine , avant l'impression du discours, y avait fait plusieurs corrections. Il n'a plus trouvé à en faire, après avoir consulté l'Aristarque dont il sollicitait les avis. Là encore il y a quelque chose qui nous met en défiance.

Lettre 47 (revue sur l'autographe, conservé à Soissons). — I. Nous cessons de donner à la sœur de Racine le nom de Marie Racine. Elle avait épousé Antoine Rivière le 3o juin 1676. Voyez ci-dessus, p. 374, la note i de la lettre 3.

2. Nous ne saurions dire si ce cousin est Nicolas Racine, né en 1667, fils de Claude Racine et de Geneviève Castel, qui devint notaire et procureur à la Ferté-Milon, et épousa en i683 Anne Regnault. L'oncle Claude Racine eut aussi d'autres enfants; trois avaient reçu au baptême le nom de Claude ; le dernier né de ces trois Claude fut baptisé le 24 octobre i655. Les deux autres étaient sans doute morts en bas âge.

LETTRES

— cousin. Je vous prie, à mesure que vous aurez besoin d'argent pour faire les petites charités dont vous avez bien voulu vous charger, d'en demander à mon oncle. Ne le pressez pas néanmoins. Dites-lui seulement l'intention qui vous obligera de lui en demander. J'en avancerai à mon cousin son fils, tant que mon oncle voudra, sur un simple mot d'écrit de lui. Je vous prie de lui faire beaucoup d'honnêtetés de ma part.

Vous avez eu tort de me vouloir du mal de ce que je n'ai point été vous voir à hion voyage de Brenne^. J'avois pris mes mesures pour repasser par la Ferté. Mais le baptême de M. de la Fontaine auquel je ne m'at- , tendois pas, nous obligea de revenir à Yillers-Cotterets. Nous aurions grande envie, ma femme et moi, de vous aller voir, et peut-être irons-nous dès cette année. Je baise les mains à M. Rivière et à mon cousin et à ma cousine Vitart ^ Adieu, ma chère sœur : je suis tout à vous.

Je vous recommande toujours ma mère nourrice.

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