‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 337 sur 394 · Lieu de naissance de Racine · texte numérisé non relu

Lieu de naissance de Racine

LETTRES

toire ecclésiastique, qui ne peuvent avoir eu deux paroisses chacun.

J'ai appris avec un sensible déplaisir la mort de M. de Puymorin ^. Je Tai tendrement regretté ; je remercie Dieu de tout mon cœur de lui avoir fait l'importante grâce de songer à son salut avant sa mort.

Les témoignages de votre souvenir, Monsieur, m'ont été et me seront toujours fort cliers : j'eusse voulu que vous souvenant aussi de rattachement que j'ai pour tout ce qui vous touche, vous m'eussiez écrit quelque chose de votre famille et de vos affaires. Je crois le petit Racine**^ bien vif, et il n'est pas impossible qu'à mon retour je ne l'interroge, et je ne le tourmente sur son latin : peut-être m' embarrassera- t-il sur le grec littéral; mais je saurai un peu mieux le grec vulgaire, langue aussi corrompue et aussi misérable que l'ancienne Grèce l'est devenue.

Adieu, mon cher Monsieur. Je vous conjure de penser quelquefois à notre ancienne amitié , de m' écrire encore, quand même vous devriez continuer à m' appeler Monseigneur^ et d'être bien persuadé de l'extrême passion et de l'estime sincère et sérieuse avec laquelle je serai toujours votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Je ne vous ai jamais rien appris, et vous m'avez appris mille choses : cependant vous êtes obligé de demeurer d'accord (vous qui me donnez libéralement quelque part à vos tragédies, quoique je n'y en aie jamais eu d'autre que celle de la première admiration) que je

9. Pierre Boileau, sieur de Puymorin, frère consanguin de Boileau Despréaux; il e'iait mort le 11 décembre i683 : voyez au tome I, p. 226, note 3.

To. Jean-Baptiste Racine avait alors six ans, a deux jours près, étant né le 11 juin 1678,

LETTRES

vous ai découvert quun trésorier général de France prend le titre de chevalier, et qu'il a la satisfaction honorable d'être enterré avec des éperons dorés; qu'ainsi il ne doit pas légèrement prodiguer le titre de Monseigneur.

Vous ne m'avez pas mandé si vous voyez souvent M. le marquis de Seignelay. Adieu, Monsieur.

Suscription : A M. Racine, trésorier général de France, à Paris.

5l. DE RACINE AU P. BOUHOURS.

[Janvier i685*.] Je vous envoie, mon Révérend Père, trois exeni-

1 1 . Nous avons dit, à la page 97 de la Notice biographique^ que la charge de trésorier de France en la généralité de Moulins appartenait à Racine dès avant son mariage (1677); mais nous n'avions pu alors fixer plus précisément la date de sa nomination à cette charge. La pièce suivante, qui depuis nous a été communiquée, la fait remonter à l'année 1674 ^ Du samedi matin^ 27 octobre 1674. — Jean Racine, avocat en parlement, a été reçu au serment de l'off,ce de conseiller du Roi, trésorier de France et général des finances de Moulins, au lieu de Jntoine Prieur, sur lui vendu, après qu'il a été ouï, et trouvé suffisant et capable, et fait les affirmations et soumissions portées par le règlement du 23 novembre i658, à la charge d'' observer les ordonnances et arrêts concernant les foi et hommage. M. de la Cboix, rapporteur.

Lettre 5i (revue sur l'autographe, appartenant à M. Ratliery). — I. Cette lettre a été imprimée, en 1773, à la page 81 de l'opuscule de le Franc de Pompignan que nous avons déjà cité p. 5i5, à la note I de la lettre 45, également adressée au P. Bouhours. Comme celle-ci, elle est restée inconnue aux précédents éditeurs des OEuvres de Racine. — Les Harangues académiques, dont cette lettre annonce l'envoi au P. Bouhours, ne peuvent être que celles qui furent prononcées le 2 janvier i685 à la réception de Thomas Corneille et de Bergeret , et imprimées la même année chez Pierre le

LETTRES

plaires de nos harangues académiques. Je vous prie de tout mon cœur d'en vouloir donner un au R. P. Rapin, et un au R. P. de la Baune^. J'ai bien peur que vous ne trouviez sur le papier bien des fautes, que ma prononciation vous avoit déguisées; mais j'espère que vous les excuserez un peu, et que l'amitié que vous avez pour moi aidera peut-être autant à vous éblouir que ma déclamation l'a pu faire. Je suis de tout mon cœur

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

Racine.

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