‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 338 sur 394 · DE RACINE k MADEMOISELLE RIVIÈEE · texte numérisé non relu

DE RACINE k MADEMOISELLE RIVIÈEE

A Paris, ce 27 février [i685^].

M. Rivière vous aura dit, ma chère sœur, tous les

Petit (voyez à la page 349 ïiotre tome IV). La harangue de Racine à la réception de l'abbë Colbert en 1678 ne se trouve pas dans le recueil de Coignard, ainsi que nous l'avons dit à la page 842 du même tome; elle n'avait donc pas été imprimée, et ne saurait être celle dont il s'agit ici. L'impression du beau discours académique de i685 a dû suivre de près la séance où il fut prononcéi En datant du mois de janvier la lettre au P. Bouhours, nous croyons ne pas nous écarter de la vraisemblance.

2. Jacques de la Baune, jésuite, auteur de poésies et de harangues latines, né le i5 avril 1649, mort le 21 octobre 1726.

Lettre 52. — i. M. Aimé-Martin a le premier donné cette lettre dans sa cinquième édition des OEuvres de Racine^ tome VI, p. 4^3, o\i il avertit qu'elle a été copiée sur l'original , sans nous dire où il a trouvé cet original; mais l'authenticité de la lettre ne peut paraître douteuse.

2. M. Aimé-Martin n'a pas essayé d'indiquer l'année. La date de i685 est une conjecture que nous proposons, et que nous croyons assez vraisemblable. La lettre n'a pas pu être écrite après 1687, année où mourut Antoine Vitart, dont elle fait mention comme étant encore vivant. Nous verrons même plus loin , dans une lettre de Racine du 3i janvier 1687, que son cousin Vitart était déjà fort

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' soins que je prends pour vous faire rétablir, et T expédient qu'on in avoit proposé pour lui, qui lui seroit bien plus avantageux que la charge qu'il avoit. J'ai reçu ce matin une lettre de Monsieur Flntendant, qui est au désespoir de n'avoir pas seulement su que M. Rivière m'appartient le moms du monde. Il se trouve d'assez grandes difficultés pour la chose que j'ai entreprise, et je ne vous puis pas en dire les raisons, de peur que ma lettre ne soit vue de quelque autre que de vous. Cependant si cette alFaire-là ne réussit pas, je vois de grandes apparences de faire rétablir M. Rivière à la Ferté-Milon. Monsieur l'Intendant en fait son affaire; car outre l'amitié qu'il a pour moi, il me mande que ce M. Gressier qu'on a fait contrôleur est un banqueroutier qui n'a payé ni prêt ni paulette, et qui n'a été ni reçu ni installé. Il me mande qu'il a su tout cela de M. Vitart et de M. Regnaud^, et

malade à ce moment. Le commencement de l'année 1686 serait donc la dernière limite. Pour trouver celle en deçà de laquelle il faut nous arrêter, nous ne pouvons remonter plus haut que l'année 1678 : le mariage de Marie Racine est de juin 1676, et l'établissement de Racine à la cour de 1677. Dans les neuf années entre lesquelles il reste ainsi à faire un choix, l'année i685 nous a paru la plus probable en raison du passage où Racine dit qu'il se propose d'aller sous deux jours visiter le contrôleur général, mais qu'il ne le pourra faire que lorsqu'il sera habillé de deuil. Il ne saurait être question, ce nous semble, que d'im deuil de cour; et ce deuil, pour lequel l'habillement de l'historiographe du Roi n'était pas encore prêt, devait être tout récent. Nous ne trouvons qu'en i685 un semblable deuil au mois de février. C'est celui qui fut porté pour la mort de Charles II, arrivée le 1 6 de ce même mois, et dont un courrier de Londres apporta la nouvelle à Paris le 19, La cour prit le deuil pour trois mois, comme l'annonce la Gazette du 24 février i685.

3. Antoine Vitart, procureur du Roi des eaux et forêts du duché de Valois, et François Regnault, procureur du Roi au grenier à sel de la Ferté-Milon, tous deux cousins de Racine. Voyez ci-dessus, p. 375, note 4 de la lettre 3, et p. 619, note 6 de la lettre 48.

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qu il leur a ordonné de s'opposer à Tenregistrement. De ^ là l'affaire sera portée au Conseil , et renvoyée à Monsieur l'Intendant, qui fera supprimer ce Gressier, et rétablir M. Rivière. J'aurai soin en ce cas que M. Rivière soit rétabli dans sa charge de grènetier. Monsieur l'Intendant me mande aussi que M. Rivière a été supprimé comme contrôleur alternatif, et qu'il a appris de moi qu'il étoit grènetier ancien. J'ai vite fait partir un laquais pour avertir de tout Monsieur le Contrôleur général^, en attendant que je sois habillé de deuil pour y aller aprèsdemain. Ainsi, ma chère sœur, je crois que vous pouvez avoir l'esprit en repos. Vos affaires, s'il plaît à Dieu, iront bien; du moins vous pouvez vous assurer que je n'ai jamais eu rien si fort à cœur. Il me paroît par la lettre de Monsieur l'Intendant que mon cousin Vitart n'a point tant de tort que je pensois, puisqu'il a été lui-même le trouver pour lui donner avis de tout cela. Ainsi ne vous brouillez point. Au contraire, que M. Rivière le père et M. Regnaud se hâtent de faire leur opposition à l'enregistrement, comme il leur a ordonné. Monsieur l'Intendant me mande qu'il a songé à me faire plaisir en faisant conserver mon oncle Racine ^ Jugez ce qu'il auroit fait pour vous. On ne peut pas avoir plus de torts que vous en avez, vous et M. Rivière, de ne m' avoir pas averti qu'on alloit à Monsieur l'Intendant. Cependant ayez soin de ne vous point chagriner et de n'avoir point de querelle avec personne surtout. J'aurai soin de vos intérêts. Que M. Rivière me mande tout ce qu'il sait. Adieu, ma chère sœur.

4. Si cette lettre, comme nous l'avons cru, doit être datée de i685, le contrôleur général était alors Claude le Pelletier, qui avait succédé à Colbert, mort le 6 septembre i683.

5. Claude Racine, contrôleur au grenier à sel de la Ferté-Milon. Voyez ci-dessus, p. 4^5, note 5 de la lettre 19.

J. Racine, vi

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