Voyez la lettre 71 ci-dessus, p. 679 et 58o
4. Petit trait de raillerie. Il n'aimoit pas beaucoup cette nièce. {Note de Louis Racme.) — Cette nièce était Marie-Charlotte Boileau Despréaux, née en 1649, morte après 1718, fille de Jérôme Boileau. greffier au Parlement. Germain Garnier dit que la femme de Jérôme Boileau « avait l'humeur la plus bizarre et la plus acariâtre, » que « la fille tenait la mère, » et que « toutes deux avaient beaucoup tourmenté Boileau, lorsqu'il demeurait chez son frère. » Berriat- Saint-Prix doute que ces assertions soient fondées. Toutefois la malicieuse proposition que fait ici Racine montre assurément que Boileau craignait un peu la société de Mlle Despréaux.
LETTRES
sion au Roi pour moi, et j'y demeurerai jusqu'à mécredi ^gg^ prochain.
M. le duc de Charost ^ m'a tantôt demandé de vos nouvelles d'un ton de voix que je vous souliaiterois de tout mon cœur. Quantité de gens de nos amis sont malades, entre autres M. le duc de Chevreuse et M. de Chanlay^ : tous deux ont la fièvre double-tierce. M. de Chanlay a déjà pris le quinquina; M. de Chevreuse le prendra au premier jour. On ne voit à la cour que des gens qui ont le ventre plein de quinquina. Si cela ne vous excite pas à y revenir, je ne sais plus ce qui vous peut en donner envie. M. Hessin ne Fa point voulu prendre des apothicaires, mais de la propre main de Chmith^. J'ai vu ce Chmith chez lui; il a le visage ver-
5. Armand de Bétliune, duc de Charost. Ses lettres ne furent vérifiées que trois ans après la date de cette lettre. Il était gendre du ministre Foucquet. {Note de t édition de 1807.)
6. Racine écrit ainsi, au lieu de Chamlaj. — Maréchal des logis des armées dès le temps de Turenne. A la mort de Louvois, en 1691, Chamlay refusa le ministère de la guerre.... Il mourut en
17 19 Sa liaison avec Boileau et Racine résulte encore de ce
billet inédit, adressé par le dernier au premier, et qui existe en original dans les papiers de Brossette : « M. de Chamlay se doit trouver avec moi ce matin à neuf heures ; vous nous feriez plaisir à Fun et à l'autre de vous y trouver aussi. Je vous donne le bonjour. Racine. Ce i5. août. » {Adresse : à Monsieur Monsieur Despréaux.) Il est probable que l'entrevue où Boileau était appelé avait pour but des éclaircissements que l'emploi de Chamlay le mettait à portée de donner sur la guerre à nos deux historiographes. Il est par conséquent postérieur à 1677. [Note de Berriat-Saint-Prix, sur un passage de la lettre de Racine à Boileau^ en date du 9 juin 1693.)
7. L'éditeur de 1807, corrigeant l'orthographe de ce nom, a substitué Smith à Chmith. Mme de Sévigné (voyez le tome VI de ses Lettres^ p. 28) écrit Schemit le nom de ce même personnage; elle associe son nom à celui du fameux chevalier Tabord ou Talhot, qui vendit à Louis XIV la recette du quinquina. Voyez à la même page 28 des Lettres de Mme de Sévigné., la note 11 de la lettre 787.
LETTRES
meil et boutonné, et a bien plus l'air d'un maître cabaretier que d'un médecin. M. Hessin dit qu'il n'a jamais rien bu de plus agréable, et qu'à chaque fois €|u'il en prend ^, il sent la vie descendre dans son estomac. Adieu, mon cher Monsieur. Je commencerai et finirai toutes mes lettres en vous disant de vous hâter de revenir.
Suscription : A Monsieur Monsieur Despréaux, chez M. Prévost, maître chirurgien. A Bourbon. (Cachet rouge, au cygne.)