Iliade j livre XXIV, vers 621 et suivants
4. Tel est le texte du manuscrit. On s'attendrait à une double négation : « Ce n'est pas qu'il n'y admet; » ou plutôt : « n'y admette. »
5. Au chapitre v des Éthiopîques (livre II), p. loi de l'édition de Lyon, M.DC.XVI (i volume in-8).
Calasiris, devant que souper avec Cnémon , boit en l'honneur des Dieux, et aussi, dit-il, en l'honneur de Thëagène et de Chariclée, qui méritent bien cet honneur. Cette cérémonie consistoit à répandre quelque goutte de vin, et puis après d'en boire un peu; c'est [ce] que les Grecs appellent Xsi'êw, et les Latins Ubo^ c'est-à-dire lévite?' degusto. Cela s'observoit inviolablement au commencement des festins; et si Homère l'omet ici, il faut attribuer cela à l'importunité de tous ces amoureux qui mettoient le trouble partout. Sur la fm du festin, un musicien chantoit. Après qu'on avoit levé les tables, on chantoit encore, ou bien on dansoit : c'est ce que font ici tous ces importuns.
AuTap ÏTZzi Tidaioç xa\ sorjiuoç epov svto
MvrjaT^peç, xotcriv [j.£V h\ cppea^v à'XXoc [j.£(j.7]X£t,
MoXtcïÎ t' ôp)(r]aTuç t£" toc yap x' àvaGv^[xaTa Satxoç. [Vers i5o-i52.]
Car ce sont là, dit-il, les embellissements d'un festin. Pour Telemachus, il avoit d'autres choses à songer; et pendant que le musicien touche son luth, il entretient Pallas, et il lui dit que ces gens-là ont bon temps, parce qu'ils se divertissent aux dépens d' autrui.
ïouxoiaiv pLsv xauxa [j-éXei, xfGapiç v,oiX àoioyj,
'Psr, l-Kzi àXX6xpiov [i(oxov vv^tioivov èûouatv. [Vers iSg et i6o.]
Puis il lui demande ce qu'on demandoit d'abord à un étranger :
Tfç, 7l69£V zlc, àvopwv; :r69i xoi :t6Xiç, r\ù\ xox-^sçj '0:1:7:0(7)? S' ÏTZi V7]bç acpfxeo; [Vers 170 et 171.]
Après il demande si elle est des anciens amis de la maison, parce qu'on avoit encore plus d'égard à eux; et il dit ces belles paroles à la louange d'Ulysse :
'Hs vlov [/.sGotsiç, \ xa\ ;caxp({)V6ç iacyi
Eefvoç; Ir^zi TiùXkoi l'aav àvépsç 7i[xéxep6v 8to
"AXXoi, ZKzX xa\ xsTvoç STifaxpocpoç av6p(/);rtov, [Vers 175-177.]
Il faisoit du bien aux hommes, c'est-à-dire qu'il les traitoit toujours bien. Pallas lui répond qu'elle s'appelle Mentès de Taphe; et que lui et Ulysse sont amis de père. Elle l'assure
REMARQUES
qu'Ulysse n'est pas mort, et qu'il reviencli'a assurément à Ithaque. Et puis elle dit à Télémaque, pour lui donner du courage, qu'il ressemble tout à fait à Ulysse :
Ksfvw. [Vers 208 et 209.]
Après Homère décrit parfaitement le caractère d'un jeune homme, en la personne de ïelemachus, qui souhaiteroit d'être plutôt le fils de quelque homme riche qui lui eût laissé beaucoup de bien, que non pas d'Ulysse, qui lui a laissé une maison qui s'en va en ruine à cause de l'insolence des amants de Penelopé.
'Avepoç, ov xxIaTsaaiv lotç ïizi y^po-ç, £T£T[j.e .
Nuv 8' oç (jc7roT[j.6TaToç ^éveto ôvrjtwv àv^çxhTzm. [Vers 217-219.]
Pallas le console, et lui demande qui sont tous ces gens-là qui font tant d'insolences chez lui; et elle lui fait cette demande afin de l'irriter encore davantage. Télémaque dit qu'Ulysse avoit fait une fort bonne maison, tandis qu'il demeuroit à Ithaque; mais qu'à présent on ne savoit ce qu'il étoit devenu, et qu'il étoit mort sans faire parler de lui. Il vaudroit bien mieux, dit-il, qu'il fût mort glorieusement devant Troie ; les Grecs lui auroient dressé un tombeau, et la gloire en seroit revenue à son fils. Après il parle de tous ces rivaux qui font ensemble l'amour à sa mère.
0' oJIx' (^pvstxai axuyspbv y^JJ-ov, ouxs X£)v£uxriv lîoirjaai Buvaxai * xo\ 8à cp0iv\j9ou<yiv l'Bovxsç
Oîxov Ifxov. Td-^cc (AS 8ta^pai(jou<ji xai aùx<5v. [Vers 249-251.]
Il fait voir là la prudence de Penelopé, qui, ayant ce mariage en horreur, ne les rebute pas pourtant tout à foit, de peur qu'ils ne s'emportent aux dernières extrémités. Pallas répond que si Ulysse revenoit au logis au terrible état où elle l'a vu quelquefois, il leur feroit d'étranges noces.
AXX' ^xot [xlv taûxa 0ewv ev yoijvaai x^Txai. [Vers 267.]
Ce vers est assez fréquent dans Homère, pour marquer la
SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE
providence des Dieux, de qui dépend toute chose*. Après elle conseille à Telemachus d'assembler le lendemain tous les rivaux, et de leur dire hardiment que chacun s'en aille chez soi, et qu'il dise à sa mère que si elle se veut marier, elle s'en aille chez ses parents, qui lui feront tel avantage qu'ils voudront; qu'après cela il aille chercher qui lui apprendra des nouvelles de son père : si on lui dit qu'il vit encore, qu'il ait patience ; que, s'il est mort, il lui fasse des funérailles, et qu'il tâche après de se défaire de tous ces importuns, sive dolo^ sive palam. Car vous n'êtes plus enfant, dit-elle,
Nrj:tiic«ç oyéeiv, Itzû oux ïxi TrjXixoç saaL [Vers 296 et 297.]
Ne voyez-vous pas, dit-elle, quelle gloire s'est acquise Oreste en vengeant la mort de son père?
liai au, cp(Xoç ([Léika. ycJp a' 6p6a) xa).6v xs [i-lyav te)
"AXxt[j.oç l'aa, ha. xiç, as xa\ otitydvtov sO sI'ttt]. [Vers 3oi et 3o2.]
Telemachus la remercie de ses conseils, et lui veut faire un présent avant qu'elle s'en aille ; mais elle remet cela à une autre fois; car jamais Homère ne laisse sortir un étranger qu'on ne lui donne un présent, afin qu'il se souvienne de celui qui l'a reçu à sa maison, et que ce soit à l'avenir une marque de leur amitié. Aussitôt Pallas s'envole comme un oiseau, lui inspirant dans l'âme de la hardiesse et du courage.
'r;il[i,vr)a£V xi I îcatpbç MûcXXov eV 5^ tb TTccpoiÔsv. [Vers 821 et 822.]
Et lui s'aperçoit bien que c'est une divinité, et il va trouver les rivaux.
Total B' dcoiBbç à'etos ;ieptxluTbç, 0! Se atio;:^ EW (JxouoVTEç. [Vers 325 et 826.]
Ce vers exprime bien l'attention qu'on a dans une grande assemblée lorsque quelque musicien chante. Celui-ci chantoit
I. Racine a écrit: « de qui dépend toutes choses. » — Avant ces mots, le texte de M. Aimé-Martin est de Dieu, et non des Dieux. Le singulier est aussi la première leçon du manuscrit; s et x ont été ensuite ajoutés : est-ce de la maiil de Racine ?
REMARQUES
le retour des Grecs après la prise de Troie. Là-dessus vient Pénélope, qui descend de sa chambre; car elle demeure toujours dans une chambre d'en haut, toute seule avec ses servantes, et n'a point de communication avec ses amants, si ce n'est qu'elle descend quelquefois pour voir ce qui se passe dans le logis, comme présentement pour entendre ce musicien; et elle n'entre jamais dans la salle, mais se tient toujours à l'entrée, ayant deux servantes à ses côtés, telle qu'elle est dépeinte en cet endroit:
KXf{JLaxa S' utl/rjXriV xaTsGï^aaTo oTo o6[xoto,
Oùx otV], a.[Ka xf^ye y.oà à^^^l-Kokoi Bu' I'tuovto.
*H S' Ste 8r] [i.vr]aTf)paç à'fiy.zTo 8ta jwav/.UiV,
Sxrj pa 7za.pa aTaOjJLOv xsysoç Tiuxa 7uoir]Toto,
"Avxa ::ap£ia(i)V a)(o^lvr] liTzapà xp/jôspa*
'A(J.cpi7T:oXo<; 8' à'pa oi xsûv/) IxdcTepOs TrapeaxT]. [Vers 33o-335.]
Homère lui fait toujours tenir un voile ou un mouchoir devant ses joues, pour montrer qu'elle pleuroit presque toujours son mari. Elle dit en pleurant à ce musicien qu'il prenne un autre sujet, parce que celui-là est trop douloureux pour elle. Mais ïelemachus, qui veut commencer à prendre quelque autorité dans la maison, et qui est bien aise même qu'on chante la gloire de son père, afin d'entretenir le deuil et l'affection^ de Penelopé pour son mari, dit qu'elle laisse faire ce musicien. Car, dit-il, ce n'est pas sa faute si vous pleurez; mais il s'en faut prendre aux Dieux qui font les faveurs qu'il leur plaît aux hommes d'esprit, en les inspirant. Outre cela, ditil, les hommes n'aiment rien plus qu'une nouvelle chanson :
TrjV yccp àoiBrjv (jlccX^wOV sTïixXefoua' à'vBpwTioi,
"llxiç, axouàvTsaai vswTdcTr) a[ji.cpt:i:éXr]Tat. [Vers 35 1 et 352.]
C'est-à-dire qu'en matière de poésie les plus nouvelles sont toujours les plus estimées. Mais, poursuit Telemachus, remontez à votre appartement, ayez soin de votre ménage, et laissez l'entretien aux hommes, et à moi surtout, qui suis le maître du logis :
'AXX' £?$ oTxov touaa rà aauiîjç è'pya x6|jli^£, I. M. Aimé-Martin a mis affliction, au lieu d'affection.
ST^R S/ODYSSÉK D 'Tl 0 \l KRE.
"Epyov OTor/£crOai • [j.u')oç ô' à'vopsaat ij.£A-/ja£t. [V ers 356-358.]
Ce qu'elle fait; et elle s'en va avec ses femmes, où elle pleure continuellement son mari, jusqu'à ce que Minerve lui envoie un peu de sommr j.
Cependant se'j amants font grand bruit, et chacun voudroit bien coucher auprès d'elle. Telemachus leur dit qu'ils se taisent, et qu'ils écoutent ce musicien, qu'il appelle Bsotç Eva- X''YXtoç auor\v [vers "^71].
Et il leur dit que le lendemain ils s'assemblent, afin qu'il leur déclare sa volonté; et qu'ils s'en aillent tous chacun chez soi ; sinon qu'il implorera la vengeance des Dieux. Ils se mordent tous les lèvres de rage, admirant la hardiesse de Telemachus. Antinous lui dit qu'il est un hardi discoureur, u-payopYiv [vers 185], et qu'il seroit bien marri qu'un homme comme lui fût roi d'Ithaque, comme l'a été son père. Telemachus répond : Je le voudrois bien être, moi, si les Dieux m'en faisoient la grâce : croyez-vous qu'il y ait du mal à l'être ? Au contraire, dès qu'on est roi, on fait une maison riche, et on se fait honorei' ; mais le soit qui voudra : au moins je le veux être de ma maison et de la famille qu'Ulysse m'a laissée. Eurymachus répond que cela est en la disposition des Dieux de faire un roi ; puis il lui demande quel étoit cet étranger. Telemachus répond que c'étoit Mentès, prince des Taphiens.
"Q; oaTo Tr]X£[xa)(Oç, cpp£<j\ à0avc^Ty]V Gsbv l'yvco. [Vers 420.]
Après ils se mettent tous à danser et à chanter jusqu'à la nuit, et alors chacun s'en retourne coucher chez soi. Telemachus se retire en haut à son appartement, où il avoit une fort belle chambre.
Sa gouvernante Euryclée porte un flambeau devant lui. C'étoit une vieille fdle que Laërte avoit achetée fort jeune, et qu'il aimoit beaucoup, et comme sa femme.
EùvT] o' o'JTTox' £[JLtxTo- joXo^ 0^ àXhivz yuvatxdç. [Vers 433.]
Elle avoit nourri Telemachus tout petit, et elle l'aimoit plus que toutes les autres femmes. Elle ouvre donc la porte de sa chambre. Il s'assit, et se déshabille, et donne ses habits à Ea- J. Racine, yi 5
REMARQUES
ryclëe, qui les plie, et les pend à un portemanteau tout près de son lit. Ensuite elle s'en va, et ferme la porte; et Telemachus demeure seul dans son lit, et songe toute la nuit à exécuter tout ce que lui a dit Pallas. Ainsi Homère décrit les moindres particularités.