De Natura Deorum, livre I, chapitre xxx
SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE
Ccisios ocidos Minervd\ cd / uleos Neptuni. On voit cette couleur dans les yeux de chat : d'où vient que quelques-uns l'ont apj)elée felineus coLor; mais beaucoup mieux dans ceux d'un lion : de là vient que les poètes ont donné ces yeux-là à Minerve, qui étoit une guerrière. En un mot, ce sont des yeux entre le bleu et le vert, mais des yeux forts S reluisants et perçants. Et souvent on n'appelle Minerve que de ce nom-là, YAauxw-jnç, comme d'un nom honorable. Ainsi elle le témoigne elle-même^, lorsqu'elle dit à lunon, tandis que Jupiter étoit en colère contre elle, au [hvre] 8. de \ Iliade^ \
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Junon au contraire, qui étoit d'une humeur plus posée et ])lus majestueuse, est appelée Powttiç, aux yeux de bœuf. Ce sont de grands yeux bleus qui ont beaucoup de majesté : aussi Homère ajoute toujours powTrtç TcoTVta ''Hpr). Enlin Vénus, qui n' étoit point guerrière et qui ne tenoit pas tant sa gravité, mais qui au contraire étoit d'une humeur gaie et toute* amoureuse, est appelée éXixwTriç, ou IXixoêXécpapoi;, aux yeux ou aux ])runelles noires, ou, si l'on veut, aux yeux pétillants, et, comme a dit Homère, ofjLaaxa (jiapjxaipovTa : ce qui exprime admirablement de certains yeux qui ne peuvent se tenir en j)lace, et qui ont toujours un mouvement adroit et lascif. Catulle appelle cela ehrios ocellos ^, et nous disons quelquefois des yeux fripons. Atque ipsa in medio sedet voluptas, dit un ancien épigramme^. Mais pour revenir à la couleur des yeux
I. Racine a écrit « des yeux forts, reluisants..., » et non, comme on lit dans l'édition de M. Aimé-Martin , « des yeux fort reluisants. »
3. Dans le manuscrit, par suite d'un lapsus, il y a « luimême. )»