‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 48 sur 394 · y a dans le manuscrit : « n'y avoit-il de plus juste · texte numérisé non relu

y a dans le manuscrit : « n'y avoit-il de plus juste

REMARQUES

qu'on croyoit mort, afin qu'elle se mariât, et qu'elle n'achevât pas la ruine de sa maison? Cependant Telemachus dit que cette parole ne sortira jamais de sa bouche. Mais vous-même, dit-il, sortez de ma maison, et allez faire bonne chère ailleurs : sinon, et si vous aimez mieux manger tout mon bien, mangez. Pour moi, j'invoquerai la vengeance des Dieux, comme dans la dernière extrémité :

KeCpsx' • eyw Bs 0£ou; 87i:t6(iao(j.ai cdh l'ovtaç

Al' xs 7t:oi£ Zeuç Bwai TcaXfvxixa è'pya ^zviaQai. [Vers 143 et i44-]

Telle étoit la confiance qu'on avoit aux Dieux. En effet, Jupiter lui envoie un bon augure de deux aigles qui se battent au milieu de leur assemble'e. Un bon vieillard, nommé Halitherses Mastorides, enseigne ce que cet augure veut dire, et intimide tous ces jeunes gens ; mais Eurymachus lui dit qu'il aille deviner à ses enfants* ; car, dit-il, tous oiseaux ne font point augure :

OoiTwa', oCiBé T£ Tzànzz evaiai^xoi. [Vers 181 et 182.]

Il lui dit donc de se taire, et Telemachus aussi, tout grand discoureur qu'il est, [jiàXa usp TroXujxuÔov sovra [vers 200] ; et qu'il songe seulement à renvoyer Penelopé chez son père, ou à voir manger tout son bien jusqu'à ce qu'elle se marie.

*H[i.£ti; 8' au TroxiBéyjJiEVoi r][xaTa Tcàvta E'^V£xa Tr)ç àp£T^ç £pi8a{vo[j.£V, ouBè [j.£t' àXkaz 'Ep)(6[j.£8', aç £:T:t£iy.£ç Ô7cuié(a.£V hx\v Exdcarto. [Vers 205-207.]

Eh bien, dit Telemachus , n'en parlons plus ; mais au moins faites-moi donner un vaisseau, afin que j'aille chercher des nouvelles de mon père, afin que je puisse prendre mes mesures là-dessus. Alors Mentor, le plus fidèle des amis d'Ulysse, dit ces belles paroles : Il ne faut plus qu'un roi traite ses peuples avec douceur, puisqu'on ne se souvient plus d'Ulysse, et que tant de gens qui sont ici ne détournent pas seulement de paroles tous ces jeunes gens de leur dessein :

I. Ce membre de phrase a été omis dans l'édition de M. Aimé- Martin.

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE

Mïj Ttç £Ti Ttpocppwv dcyavo? xa\ ^'ttioç I'cjtio S>cr]7:TOu/o; paatXsuç, fjLrjSè ^peatv al'atjxa etSwç,

'i2ç oi'xtç pL£[j.vr)Tat 'OSuaaîJoç ôsfoio

Aawv oTaiv à^oiaaZj 7ra-cr]p §' t^ttioç ^ev. [Vers 23o-234.]

Mais Liocritus, un des jeunes gens, lui dit des injures, et se moque de tout cela et d'Ulysse même , quand il seroit de retour. Ainsi l'assemblée est rompue, et chacun s'en va de côté et d'autre. Mais Telemachus va sur le bord de la mer, et se lavant les mains, invoque Pallas :

KXyôf [xoi, bç x^OiÇb; ôebç rjXuOsç rjpLé-cepov Bw. [Vers 262.]

Pallas vient à lui sous la figure de Mentor, et elle l'excite par les louanges de son père :

T!rîki}X(xi\ o\iV ^xiQev xaxbç ècaeat, oùB' dtvo)^(j.wv,

Et Sïî TOI aou x:aTpbç ivéataxiai (jlevoç ^u,

OToç 5XEÎV0Ç l'rjv TÙ.iao^i Ipyov xe I'tco; te. [Vers 270-272.]

Mais si vous n'êtes pas son fils, c'est-à-dire si vous ne lui ressemblez pas, vous ne viendrez pas à bout de votre entreprise.

Haupoi ydcp toi TraiBeç ô[j.otbi :raTpi îtlXovxat •

Ot îîXéovsç /axfouç, Tcaupoi hé t£ :raTpb$ àpEfouç. [Vers 276 et 377. )

Mais je vous connois , dit-elle , et espérez tout , principalement avec un ami paternel comme moi, qui vous suivra partout. En effet, Pallas protégea toujours Ulysse.

Totbç ydcp TOI sTaîpoç lyw 7caTp(x)V6ç sijjit. [Vers 286.]

Mais allez : faites provision de vivres , et moi je vous treuverai un vaisseau et des compagnons.

Telemachus s'en va chez lui , et y treuve tous ces jeunes gens, qui s'apprêtoient à souper. Antinous le prend parla main, et le prie de souper avec eux. Telemachus dit qu'il songe plutôt à se venger d'eux, et arrache sa main de celle d'Antinous. Les autres se moquent de lui; et lui monte en haut, en une chambre où étoient toutes les provisions du logis, comme de l'or et de l'airain, des habits, aXiç t' eùwSsç IXatov [vers SSg],

REMARQUES

et de rexcelleiit vin qu'on ^ardoit depuis longtemps pour le l'etour d'Ulysse :

'Ev 7t:(6oi ol'voto TcaXaioû rjouTtoxoio

'E^st'rjç îtoTi Tory^ov àprjpôxeç, eittox' 'OÔuaaeùç

Ot'xao£ voaxrjaei£ xa\ à'Xyea TcoXXà (i.0Yï]aaç. [Vers 34o-343.]

Tout cela étoit à la garde d'Earyciée, à qui Telemachus demande tout ce qu'il lui faut, et le meilleur vin, dit-il, après celui qu'on garde pour mon père. Elle pleure; mais il lui [ordonne*] d'apprêter tout, et de ne j)ointdire son départ devant onze ou douze jours, à moins qu'elle ne [F] apprenne d'ailleurs,

'ùç àv (xr) x)^a{ouaa y.axà y^pda xaXbv îaTcxr,. [Vers 376.]

Ce qu'elle lui promet , et elle prépare tout ; et lui s'en retourne en bas avec tous ces jeunes gens pour couvrir son dessein. Pallas cependant, sous la ligure de Telemachus, amasse des gens et treuve un vaisseau.

Aucrexd x' '^éXioç axiéiovxd xe :caaat àyuiaL [Vers 388.]

Homère décrit ainsi le soleil couché dans les villes, disant que les rues étoient devenues obscures; et il le fait justement coucher, alin qu'on ne voie point Pallas, qui monte son vaisseau en mer, et l'équipe^. Après elle endort tous les jeunes gens, qui s'en vont chacun chez soi; elle avertit Telemachus que tout est prêt. Il la suit, et fait apporter ses provisions : ils s'embarquent. Pallas fait venir un vent favorable ; le vaisseau s'avance en pleine mer ; et ceux qui étoient dedans boivent en l'honneur des Dieux, et surtout de Pallas :

'Ex Tcavxwv oè p.a)aaxa Aibç YXaux(j[)7ct8i xoup/]. [Vers 433.]

C'est là l'épithète ordinau'e de Minerve ; et, comme disoient nos vieux traducteurs, « Minerve aux >eux ])ers » : c'est enti'e le bleu et le vert, car ce n'est pas bleu tout à fait, comme on voit ])ar ce passage de Cicéron, [livre] I, de Nat. Deorum^ :

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