‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 51 sur 394 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Ka\ GvyjTorat ^poiotcriv InX ÇecSwpov à'poupav. [Vers i-3.]

Ce marais ne peut être autre chose que la mer, qui est en e£fet un assez beau marais. (Au [livre] 5., àveSuaaTO XifAV/jç, parlant d'Ino*.) Ils arrivent à Pjle, et sacrifient aux Dieux en prenant terre. Pallas dit à Telemachus qu'il ne doit point être honteux, mais demander librement à Nestor des nouvelles de son père.

"î^euSoç B' ou5t Ipisr [xc^Xa yàp tcettvujjlsvoç eoxf. [Vers 20.]

Il ne vous dira point de fausseté, dit-elle ; car il est fort sage. Telemachus lui demande conseil.

MivTop, Titoç t' à'p' ïoj- IIwç x' 5p Tcpoa;:Tu^o[ji.at aÙT<$v* [Vers 22.]

tum, 2 volumes in-4°, Amsterdam, 1 7^9), livre III, épigramme ccxii, La voici telle qu'elle y est donnée :

O blandos oculos et inquiétas.

Et quadam propria nota loquaces!

Illic et Venus, et levés Amores, Atque ipsa in medio sedet voluptas.

— Suivant Burmann, elle est d'Alcimus. On l'attribue à Pétrone dans les commentaires du Satyricon : voyez à la page 353 de l'édition de cet ouvrage publiée à Genève en 1624(1 volume in-4°), la note 4 sur un passage du chapitre lxxxvi (c'est le chapitre cxxvi dans les plus récentes éditions). Ce peut bien être là que Racine avait lu cette épigramme, car on voit par un autre passage des Remarques sur VOdyssée qu'il lisait alors Pétrone.

I . Cette phrase que nous avons mise entre parenthèses est en interUgne dans le manuscrit. 'AveSuaaTo X({jLVr]ç est au vers 337 1"^" vre V de VOdyssée. Il s'agit de la déesse des mers, Ino, comme le dit Racine. M. Aimé-Martin a bizarrement altéré ce passage, qu'on lit ainsi dans son édition : « Au cinquième livre, avsôuaaTO X{[J.vr]ç; partant d'Ino, ils arrivent à Pyle. »

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE. 75

Cicéron rapporte ce vers-là, Ub. IX, ep. 8, ad Attic. : Hic ego vellem habere Homeri illam Minervam simulatam Mentori, cui dicerem : MsvTop, etc. Et la raison pourquoi Telemaclius demande conseil,

AtSwç S' aùvsov à'vBpa yepaiTSpov e^spssaOai. [Vers 28 et 24.]

Je n'ai pas, dit-il, encore assez d'expérience pour parler. Homère nous apprend par là qu'un jeune homme ne doit pas s'ingérer de parler, puisque Telemaclius, qui étoit un prince si bien né, appréhende de parler ; et, dit-il, ce n'est pas honnête à un jeune homme d'interroger un vieillard. Mais Pallas le rassure par ces belles paroles :

Tr]XÉ{j.a)(^% SXky. aÔTbç Iv't cppsa\ arjat vov^aetç,

"'AXka Sè 7.at 8ai'p.cov uTtoGv^o'exau Où yàp èiu)

03 as ôswv dcéxriTt yaveaGat t£ Tpa^éu-ev t£. [Vers 26-28.]

Dites, dit-elle, ce qui vous viendra dans la pensée, et quelque bon démon vous inspirera le reste. Commencez, et Dieu achèvera; car vous ne lui êtes pas indifférent.

Xlç à'pa cpwv)]aao' TjyigaaTO IlaXT^àç 'A9>^vr)

KapTiraXipLwç, ô B' lîTEiTa (jl£t' l'^via ^atvE 0£otb. [Vers 29 et 3o.]

Pallas lui montra le chemin; et lui, marchoit sur les pas de cette déesse. Ils viennent treuver Nestor à une assemblée.

"Ev6' à'pa NÉarojp ^atro auv uicxaiv. 'Ap-^i 8' Ixaîpoi

Aaîx' svTuv6[jL£voi xpéa wtctwv, à'XXa 8'è'7:£tpov. [Vers 82 et 33.]

Il étoit assis avec ses enfants, et ses domestiques (ou ses amis) préparoient le souper. D'abord qu'ils virent ces étrangers, ils vinrent tous en foule à eux, les prirent par les mains et les firent asseoir, après les avoir salués :

01 S' w; ouv ^£(vouç l'Bov, à'Gpooi ^Xôov S:i:avT£ç

X£paiv x' ^a;:dc(^ovxo xal IBpidcaaOai àvioyov. [Vers 34 et 35.]

Et surtout Pisistrate, l'aîné des enfants de Nestor, qui les prend et les fait mettre à table. Homère fait paroître tous les enfants de Nestor foi't bien nourris, pour montrer qu'un père

REMARQUES

saj^e instruit bien ses enfajits. Ainsi, dans V Iliade, Antilochns, sou (ils, ('loil lui <J(^s plus bj-avcs, et grand ami d'Acliille : aussi y mourut-il ^ j^isisliate donc leur présente à boire, et les avertit de boire en l'iiomieur de ^iejjtune; car ce festin est à son honneur; et il dit un peu devant que c'étoit sur le bord de la mer.

nd(VT£ç û£ 0£ojv y^atéoua' àvOptojroi. [Vers 48')

Tout le monde, dit Pisistrate, a besoin des Dieux, et par conséquent doit les honorer. Mais il donne la coupe à Pallas la première, parce, dit-il, étranger, que vous ])aroissez le ))lus âgé, 1 autre étant de mon âge. Pallas lait une prière à Neptune, et i)uis après donne la coupe à Telemachus.

\lç, à'p' I'tceit' /(pccTo, xai auTr; Tiavia TsXsÙTa. [Vers 62.]

Elle pria ainsi, dit-il, et elle-même accomplit tout ce qu'elle demandoit à Neptune ; ou bien, elle accomplit toute la cérémonie des libations. Ils soupent, et après Nestor leur demande qui ils sont. Telemachus lui répond, et avec assurance, car Pallas lui en inspiroit :

6apa/^aaç • autr) yàp h\ (ppeai ôapaoç 'Aôv^vr)

0î])c', Yva [JLiv repi TtaTpbç à7Coi)(o[X£Voto l'potTO,

'H8' "va (XIV xXéoç êaôXbv h àvôptLTOio-iv l'x^^aiv. [Vers 76-78.]

Il lui demande des nouvelles de son père, et l'en conjure par son père même, s'il en a jamais reçu quelque service à la guerre de Troie :

Afaaopiai, si' ttots xot rt Tiaf/jp epibç laÔXbç 'Oouaaeuç "li I'tioç rjé ti Ipybv uTToaiocç I^etéXsaas

i!i7j[j.oj £vl Tpu)OJV, ôOi 7i:àa)(si£ 7irj[xaT' 'A/atot. [Vers 98-100.]

Car rien ne lie si bien l'amitié que d'avoir enduré de la misère ensemble. En effet, Nestor commence à lui parlei- de la guerre de Troie, et dit qu'ils y ont tant souHért de maux que,

I. Nous reproduisons le texte du manuscrit. Il faut sans doute remplacer : « j mourut-il, » par « mourut-il devant Tioie. » (Voyez le livre IV de V Odyssée, vers 188.) Racine parait avoir omis quelques mots dans la phrase.

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