‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 67 sur 394 · I . Fâché, sans accord, dans le manuscrit · texte numérisé non relu

I . Fâché, sans accord, dans le manuscrit

SUR l'odysse;e D'HOMÈRE.

lOI

ses jours se consumoient à soupirer pour son retour : car la Nymphe ne lui pouvoit plaire, ou, comme je crois, la Nymphe n'agréoit pas son retour. Mais il passoit les nuits avec elle qui le vouloit, quoiqu'il ne le voulût pas, et il alloit pleurer tout le jour sur le rivage et sur des rochers. Calypso lui dit qu'il ne pleure plus, et qu'il se fasse un petit vaisseau de branches d'arbres, et qu'elle le pourvoira de tout ce qu'il lui faut. Ulysse tremble de peur, ptyriaev^; car il croit qu'elle lui prépare quelque autre mauvais tour, et il veut qu'elle lui jure le contraire. Calypso sourit,

"^H §7) àXiTp6ç Y laaï, v.oCt oux dcTO<pi&Xia ilhéç. [Vers i8i et 182.]

Vous êtes un ruse', dit-elle, et il n'est pas aisé de vous tromper. Après elle le rassure, et jure même par le Styx^, qui est, dit-elle, le plus grand et le plus terrible jurement des Dieux, qu'elle ne songe point à lui faire mal, mais qu'elle ne lui veut que ce qu'elle se voudroit à elle-même, si elle étoit dans une pareille extrémité :

Koà yap s{jLo\ v6oç hxh lvafatp.oç, ouSé [loi aut^

0u{j.bç h\ aTrjÔsaai aiSv^pôoç, akV ïXtifijxm. [Vers 190 et 191.]

Après elle le ramène à sa grotte, et le fait asseoir sur le même siège d'où Mercure venoit de se lever. Elle le fait servir à table de viandes telles qu'en mangent les hommes.

Nu|j.(^r) B' It{0£i TTf^pa :rraaav lowôrjv, ''Eaôsiv xai 7i(vstv, oTa Ppoxol à'vBpeç l'Bouatv. [Vers 196 et 197.]

Elle s'assit vis-à-vis de lui, et ses servantes lui servent l'ambrosie et le nectar. Cela montre que l'ambrosie n' étoit pas une viande dont les hommes pussent manger, parce qu'ils n'étoient pas immortels, et que la nature des Dieux étoit tout à fait différente de celle des hommes. C'est ce qu'on voit plus clairement dans ce bel endroit de la blessure de Vénus, au [livre] 5. de Y Iliade^; car Homère dit qu'il n'en coula pas du sang, mais une certaine liqueur pareille au nectar, les

I, Vers 171. — 2. Racine écrit Stîx.

Page 1