‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 70 sur 394 · Ibidem^ vers · texte numérisé non relu

Ibidem^ vers

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE, io5

Tplç [xàxapsç Aavaot xa\ xsrpdcxiç, ot t6t' 6'Xovto

Tpofv) Iv supefy], X^P^^ 'AxpEi'Briai cpdpovTSç. [Vers 3o6 et Soy.]

O terque quaterque beati Quels ante ora patnim Trojae sub mœnibus altls Contiglt oppetere * /

Car, dit-il, il faut que je meure maintenant d'une mort sans honneur :

Nuv Zi [XE Xsuya^^Éo) Oavdxto e^piapto aXwvat. [Vers 3 12.]

Il dit qu'un vent le vint pousser avec violence, lorsqu'il faisoit ces plaintes.

Talia jactanti etc.

Mais Ulysse tombe loin de sa frégate , et revient à grand peine dessus les eaux.

Mais quoiqu'il fût noyé d'eau , il n'oublia pas sa frégate :

'AXX' ouS' wç a)(£8[rjç STisXr^OsTO, T£ip6p.£v6? Tisp [vers 324],

mais il remonta dessus, téXoç Qavaxou dXssivcav'. On fuit toujours tant qu'on peut le dernier passage de la mort , et on ne se rend qu'à l'extrémité.

Trjv 8' £cp6p£t [J-Eya xufxa xaioc p6ov evôa %dX I'v9«. [Vers 327.]

Il décrit l'agitation de ce petit vaisseau , qu'il compare a des petites ronces qu'un vent d'automne promène par les campagnes, et qui se roulent l'une avec l'autre. Ainsi, dit-il, les vents promenoient ce vaisseau :

"AXXoTs {JLEV TE Notoç Bopir) 7:po6dcXEax£ cpÉpEaOai,

"AXXoxe 8' aùx' Eûpoç Zecoupco Ei^aa/.E ôiwxsiv. [Vers 33 1 et 332.]

On peut appliquer cela à une ville ou à une république ' agitée de plusieurs partis , comme a fait Horace dans l'ode qui commence : O navis^ réfèrent in mare te novi Fluctus'^.

Mais Ino Leucothée, fille de Cadmus , xaXXio-çupoç ^, aux beaux talons, eut pitié d'Ulysse , et mit la tête hors de l'eau,

I. Éné'ide^ livre I, vers 94-96. — 2. Ibidem^ vers 102. 3. Vers 326. — 4. Livre I, ode xiv. — 5. Vers 333.

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REMARQUES

et même se vint asseoir dans son vaisseau. Elle lui dit de se mettre en nage jusqu'au port des Phéaques , et lui donne un ruban de sa tête pour le soutenir ; elle rentre après dans la mer. Ulysse prend cela pour une tentation de quelque dieu ennemi, et se résout de demeurer dans son vaisseau tant qu'il pourra. Mais Neptune pousse contre^ un flot violent, horrible ; et comme un grand [vent] dissipe un monceau de paille, qu'il fait voler çà et là, aussi tous les ais de ce vaisseau se dissipent. Et alors Ulysse se dépouille, et étendant sous sa poitrine ce ruban, il se met à nage, ysTps TcsTaaaac;^. Neptune, le voyant en cet état , se croit assez vengé , et chasse ses chevaux vers Jigues, où il avoit un temple. Mais Pallas, qui craignoit la présence de son oncle, vient alors au secours d'Ulysse, bouche le chemin des autres vents , et les fait demeurer coi , et permet au seul Boréas de souffler et de fendre les flots , afin qu'Ulysse les puisse traverser. Il est deux jours entiers à nager et à voir toujours la mort devant les yeux :

IloXXà hi 01 xpaofr) TrpoTiôaasx' oXsÔpov. [Vers 389.]

Au troisième^, il aperçoit la terre à grand peine, et en s'élevant de dessus les flots.

lïaxpbç, oç Iv vouato xenrat xpaxép' àXysa iidayndi^),

Arjpbv Tr)x6[JL£V0i;, aTuyspb; oi 01 £X.pa£ 8a{[j.iov,

'AaTcdcoiov 8' apa t6v 6£o\ ■/ax6Tr)Toç l'Xuaav

"Qç '08ua^' dcaTiaaxbv hlaccxo yata xat uXt]. [Vers 894-398.]

Cette comparaison est tout à fait belle et bien naturelle, car il n'est rien de plus doux que de voir revenir un père d'une longue maladie, où sa vie étoit désespérée, tout de même que de voir le port après la tempête. Aussi il se hâte tant qu'il peut de nager ; mais quand il est un peu avancé, il entend un bruit impétueux et voit que c'est de l'eau qui bat contre des rochers escarpés, au lieu du port qu'il pensoit trouver. Alors

I. Racine a-t-il oublié d'écrire le complément delà préposition, ou a-t-il employé absolument l'expression pousse contre P 1. Vers 374.

3. Racine a écrit : « au 3^, » c'est-à-dire au troisième jour. M. Aimé-Martin a mis : « Au troisième livre, »

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE

il perd courage et se plaint misérablement, reconnoissant bien que Neptune est irrité contre lui ; et une vague l'alloit pousser contre ce rocher, où il eût été brisé sans doute, si Pallas ne lui eût mis dans l'esprit de se prendre des mains à ce rocher, et de s'y tenir jusqu'à ce que la vague se fût brisée : ce qu'il fait, et Homère le dit admirablement :

T% è'x.s'co a-svaj(^a)V, sVwç ptéya xu[xa ;rap^XO£. [Vers 4^8 et 429.]

On diroit qu'on le voit attaché avec les ongles à ce rocher; mais le reflux de la vague l'arrache de là, et l'emporte bien loin dans la mer. Toute la peau de ses mains s'en va en lambeaux, comme, quand un poulpe est retiré de sa coquille, une infinité de petites pierres s'attachent à ses bras. C'est un poisson dont la peau est tendre et quia plusieurs pieds : poljpus. Et alors le pauvre Ulysse étoit perdu, si Pallas ne lui eût inspiré de sortir de l'eau où il étoit plongé, et de suivre la vague qui se fendoit du côté du rivage. Et il arrive à l'embouchure d'un fleuve qui se déchargeoit dans la mer , et où on pouvoit prendre terre. Ulysse lui fait cette prière :

KXuôi, dcva^, X lacjf' nroXuXXiaroç Zi a' t/àvto, ^suywv £■/. 7t:6vtoio IloasiSdwvoç eviTrdcç. Aiôoîbç [J.EV t' laù xa"i àôavàioiai Osotatv, 'Avôpcov oariç %7.r\xot.\ àXdapt-svoç.... [Vers 44^-448.]

C'est ce que Sénèque a traduit dans les vers qu'il fit durant son exil, en ces mots : Res est sacra miser Et ce sentiment est d'autant plus beau qu'il est imprimé dans les cœurs par la nature même. Ainsi, dit Ulysse, je viens à vos eaux et à vos genoux : à vos eaux , cov ts pôov , comme à un fleuve , <7a TÊ youvair' [vers 449] 5 comme à un dieu. Et ainsi on peut traiter les fleuves d'une et d'autre façon.

'AXX' IXéaipSj à'va^, txérrjç xot £5')(^o[J-ai etvai. [Vers 45o.]

On révéroit les suppliants, et on ne permettoit pas qu'on

I. Voyez dans la collection Lemaire, au tome IV des OEuvres philosophiques de Sénèque^ la iv^ des épigrammes qui lui sont attribuées. Dans les anciennes éditions ces épigrammes sont intitulées : Epigrammata super ex'ilio.

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les touchât. Cela se voit partout dans l'histoire, soit aux asiles, soit aux temples, soit aux palais, soit aux statues des princes. Aussi, dit Homère, ce fleuve arrêta son cours et retint ses flots, rendant tout paisible afin qu'il se poussât à bord, ce qu'il fait. Et alors il plie les deux genoux et laisse aller ses mains robustes.

"ÇSesBe 5(p6a ;rcxvTa. [Vers 454 et 455.]

Et l'eau de la mer, ôaXaaca ttoXXv] [vers 4^5] , lui couloit par le nez et par la bouche,

Ketr' àXiyrpizXim ' xd^pLaxoç hé piiv atvbç 'Uoi.'^zv. ["Vers 456 et 457.]

A la fin, il revient à lui et jette le ruban d'Ino dans le fleuve, comme elle lui avoit commandé; le fleuve emporte ce ruban dans la mer, et la Nymphe le vient reprendre. La fiction de ce ruban est tout à fait belle ; car il est vraisemblable que ce ruban ou ce linge, qui couvroit la tête d'une déesse marine, pouvoit soutenir un homme sur l'eau, et cela donne [à] Homère le moyen de faire paroître Ulysse dans toutes ces extrémités où on croit toujours qu'il va périr : ce qui suspend l'esprit et fait un fort bel eff'et. Aussi rien ne peut être mieux décrit qu'Ulysse flottant entre la vie et la mort, trois jours durant, comme il fait. Il ne sait ici s'il doit passer la nuit dans le fleuve, dont il craint la fraîcheur trop grande, ou dans un bois tout proche, où il a peur des bêtes farouches, qui pourroient le surprendre en dormant. Néanmoins il choisit le dernier, et va dans ce bois, et treuve deux arbres, l'un d'olivier sauvage, et l'autre d'olivier, tous deux nés d'un même endroit , et si étroitement serrés qu'ils ne pouvoient être pénétrés ni par le souffle des vents, ni par le soleil, ni par la pluie :

Touç [JL£V à'p' o5V àvÉp.o)v ùidzi (jlIvoç uypbv àévxwv, OuBI Tiox' TjéXioç cpaéôtov àxxîaiv l'GaXXsv, 0{>x' â[j.Çpoç TTspaaaxe Biap-Trepeç * coç dcpa tzuxvoI 'AXXyjXoiatv l'cpuv £;ra[j.oi6aS(ç. [Vers 478-481.]

Là il dresse un lit de feuilles en grande abondance, et assez même pour couvrir trois hommes dans le plus grand

froid de l'hiver. II se couche dessus, et se couvre avec quantité de ces feuilles, comme un tison caché sous la cendre en quelque maison écartée :

Sîiéptjia Tuupbç atxiÇm.... [Vers 488-490.] Pallas l'endort,

AuaTioveoç xap-c^ioto, ofXa [BXécpap' «[jLcpixaXut^aç, [Vers 492 et 493-]

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