‹ Œuvres; (volume 3)Chapitre 79 sur 394 · Ibidem^ vers 3i4 et suivants · texte numérisé non relu

Ibidem^ vers 3i4 et suivants

3. Racine, dans ces Remarques^ écrit ordinairement ce verbe par eu; mais pourtant nous avons plusieurs fois déjà rencontré, comme ici, la diphthongue ou.

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE

et que la pensée. C'est le naturel des hommes de ce métier d'être brutaux et de n'avoir point de civilité. Et cela tourne davantage à la louange d'Ulysse, qui a été si bien reçu de ces gens-là. Il marche derrière Pallas, sans que personne le voie, à cause de ce nuage qui l'environnoit. Ulysse admire le port et les vaisseaux qui y étoient en bel ordre ; il admire les grands logis de ces héros et les places et les murailles hautes et environnées de fossés.

Miratur molem JEneas^ magalia quondam ; Miratur portas^ strepitumquCf et strata viarum *.

Enfin voilà, dit Pallas, la maison d'Alcinous ; vous y treuverez ces rois ou ces princes divins, oioxpscpsa;^, qui sont à table; mais entrez et ne craignez rien. Un homme hardi réussit toujours mieux dans toutes les occasions, fût-il étranger :

Tdcp6£f GapaaXéoç yocp avrjp ev Tiàaiv (^[j.e(vtov

'^EpYoïaiv TsXsÔei, zl xa{ î:o6ev àXXo0£v eXÔot. [Vers So-Sa.]

Vous y trouverez d'abord la reine Arété, qui est de la même race qu'Alcinoûs, car Neptune engendra premièrement Nausithoûs, de Péribée,4a plus belle des femmes, laquelle étoit fille du brave Eurymédon, qui commanda autrefois aux géants; mais il fit périr ce peuple farouche et se perdit luimême :

'AXX' 6 [xlv tSîkzfsi Xabv aTdt-ïQaXov, œXsto B' auT6ç. [Vers 60.]

Nausithoûs régna sur les Phéaques et eut deux fils : Rhexenor et Alcinoûs ; mais le premier fut tué par Apollon, étant nouveau marié et sans enfants mâles, axoupov eôvxa ^ ; mais il laissa Arété, fille unique, qu'a épousée Alcinoûs et qu'il honore plus que femme ne peut être honorée sur la terre. Voici l'idée d'une grande princesse qui est aimée et révérée de tout le monde :

Kat [jLiv à'xia' wç oSxiç Itz\ ^ôovt tfsTai à'XXrj, "Oaaai vuv ■^xi^cfX-A.zç, hiz' (âvBpdcaiv otxov £5(ouatv ' Xiz xefvr) ;tsp\ x^pi TexfpLyjtaf xs xai laxtv

I, Enéide^ livre I, vers 421 et 422. — 2. Vers 49- — 3. Vers 64.

REMARQUES

"Ex T£ cpiXwv 7ra(Bu)V, ex t' autou 'AXxiV(joio,

Kal Xawv, o'if pa, Oebv wç, £iaop6ojvt£ç,

AEto^)(aTat [xuôoiciv, Zze aief/^yia' t^và d'atu.

Où [).h ycicp Tt v6ou xat auxJ] Bsûsxai laOXou,

OTafv t' t\i cppovsriai, xa\ àvBpdcai vefxsa Xusi. [Vers 6y-y^.]

Que si elle vous veut du bien, espe'rez que vous re verrez bientôt votre pays. Aussitôt Minerve s'en alla à Athènes, supua- YuiavS à la maison d'Érechte'e, roi d'Athènes, dont les filles souffrirent la mort pour leur patrie, selon Cicéron^. Ulysse arriva à la maison d'Alcinoûs, dont voici la description toute entière; car elle mérite bien d'être copiée mot à mot :

'Autàp 'Oôuaasuç 'A}.xiv6ou Tcpbç 0(x)(i.aT' le xXuxdc* TôoXXà oé oi x^p ""'QppLaiv' tatapivio, 7rp\v )(dXxeov ouBbv ixIaOai • ^Qaxe yàp v^eXfou aïyXr^ TréXsv, aeXvJvrjç, AGj(jLa xdcô^ utj^spscûèç pLsyaXTjxopoç 'AXxiv6oio. XficXxeoi (jlIv yàp Toî/ot IprjpéSaT' à'v6a xa\ à'v6a, "ïlç [JLU)(bv £^ o58ou • 7:£pi hï Gpiyxb; xudcvoio * Xp6a£iai Ss 66pat îTuxivbv 56[;.ov Ivxbç l'£pyov • 'Apyup£ot SI aTa9[xo"i Iv )(aXx£co saTaaav o58w, 'ÂpyupEov B' £cp' u:r£pGupiov, jpuairi Sè xoptiav/). XpuŒEiot Ô' £xdcT£pOe xa\ àpyup£ot xùv£ç ^aav, OSç '^Hœaiaxoç I'teu^ev lôutrjai TCpa:r{o£aaiv, Aôj[j.a cpuXaaaé(j.£vai (jLEyaXv^xopoç 'AXxiv6oio, 'AOavdtouç ôvtaç xa\ ayr^pto? fj[ji.aTa Tcdcvxa. 'Ev 8è 0p6voi ::£p\ toT/ov Ip7]pé5ax' à'v0a xa\ è'vGa, 'Eç pX-'^v 1^ ouSoîb 8ia[j.7C£péç • l'vô' Ivt 7C£7cXoi AetcxoI £uvvr]Xot [3£6Xi^axo, l'pya yuvatxGv. "Evôa 8è <ï>aiy^xwv ^y7jxop£ç lôpiôwvxo, n{vovx£; xa\ I'Bovxeç" £7:ri£xavbv yàp à')(£axov. Xpua£toi 8' à'pa xoîJpot luôp.v^xcov etîi [3to{j-wv "Eaxaaav, atOopLévaç BaiBaç [i.£xà /£p<:j\v l'/ovx£ç, ^>a{vovx£ç vuxxaç xaxà Scip-axa 8atxu[x6v£aai. n£vx>^xovxa ôé oi 8[i.a)a\ xaxoc 8w[j,a yuvaTxEç [vers 8i-io3],

dont les unes travailloient à moudre le blé (jt^iXoTra ^, /. (c est-àdire) couleur de pomme, les autres faisoient des toiles plus déliées que les feuilles d'un peuplier ; et on voyoit dégoutter

I. Vers 8o. — 2. Tusculanes^ livre I, chapitre xlviii. 3. Vers 104.

SUR L'ODYSSÉE D'HOMÈRE

la teinture où l'on mouilloit ces voiles. Autant que les Phéaques excellent sur les autres hommes dans Fart de conduire les vaisseaux, autant leurs femmes excellent-elles à faire des toiles :

nipi ycxp G^Kït Bwx£V 'AGï^vr) "Ep^a èTitaxaoOai TrspixaXXéa xat çpévaç èaôXdcç. [Vers i lo et 1 1 1 .]

Ensuite il vient à la description du jardin, qui est un des beaux endroits de V Odyssée. Virgile n'en fait point lorsqu'il décrit la maison de Didon^. On peut dire que c'est à cause que Didon étoit à Carthage depuis peu de temps, et qu'un jardin n'est pas sitôt dans sa perfection.

Mais les jardins d'Alcinoûs ont été fameux dans toute l'antiquité. Virgile, au [livre] 2. des Géorgiques :

Pomaque^ et Alcïnoï silvee^.

Voici donc la description qu'en fait Homère, et que le Tasse a voulu imiter dans le palais d'Armide ^ :

"ExToaGsv 8' auX^ç [J-sya? o^yoLToc, Oupàwv TeTpàyuoç* Trspl S' l'pxoç ïkfikazoci ap-cpoiÉpcaOEV. "Ev9a Sè Bévopea [xaxpà Tcscpu/ei TTjXsOàwvxa, "OY)(vai, xa\ potat, xat [j.7]X£ai àyXaàxapTTot, Suxatxe -fXw,zpcà, xa\ ïkouai Ti^)^£66waai. Tcttov ouKOTS xapTOç aK6).)vUTai, oùô' ItiiXsitïei, XefjJ-aToç, ouSà ôlpsuç, Irstv^ato;' àXXà [j.aV ais'i Zscpupi'y] Tcvei'ouaa xà [Jisv cpusi, à'XXa BsTisaast. "Oy)(vr) £7r' ô'yx.vr] yr]paax£i, (jl^Xov B' £;ri (J-v^Xco, Auxàp £7i;\ axatpuXr) axacpuXrj, aîjxov 8' Ik\ auxo). "Ev6a 81 ot TîoXuxaproç àXw/] Ippfî^toxai* Trjç è'xspov [jlIv 6£iX67r£8ov X£upw £V1 )(t^)pw [Tépasxai ^eXîw • êxépaç 8' à'pa x£ xpuyécoaLV,]"* ''AXXaç 8è xpaTtéouai' TrdcpoiGE 8é x' ô'p-cpaxéç £taiv, "AvOoç a9i£taai, ?x£pai 8' u7ro7C£pxd(^ouat. "Ev9a 81 xoa[jL7)xa\ 7:paaia\ Trapà v£(axov ^p/^ov Havxoîai 7r£cpuaaiv, ETirjExavbv yavàwcrai [vers 1 12-128],

c'est-à-dire des parterres ornés de fleurs continuelles ; et il y

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