Voyez la lettre du 6 juin
a. C'est l'acte de baptême de la paroisse d'Auteuil dont nous avons déjà fait mention à la note 1 de la page 28, et que nous citerons en son lieu aux Pièces justificatives n° XXII).
3. Voici ce qui jette quelque doute sur le récit de d'Olivet et de L. Racine. M. Ed. Fournier, dans une note de Racine à Uzès, p. "5, nous apprend qu'il a vu une quittance où Racine, le ix décembre 1669 , signait encore comme prieur de l'Espinay, laquelle quittance fut vendue à une vente d'autographes, faite les 12 et i3 mars i855. Si l'authenticité de l'autographe est à l'abri de tout soupçon, et qu'on y ait bien lu la date, voilà une tradition très-accréditée à laquelle il faut renoncer. On devrait surtout la rejeter, s'il était cer 'ain que Racine eût conçu l'idée de sa comédie dès l'année 1667; mais rien n'est moins établi. Voyez la Notice, sur les Plaideurs, F. Racine, i i
5o NOTICE BIOGRAPHIQUE
cette immortelle satire de la chicane. Jusqu'ici on n'avait jamais, que nous sachions, parlé d'autres prieurés ayant appartenu à Racine que celui de l'Epinay. Cependant des actes notariés du 10 juin 1671 et du 20 mai 1672 1 nous apprennent qu'il était alors prieur de Saint-Jacques de la Ferté, et un acte de haptème du 11 novembre 167 3, relevé sur les registres de la Ferté-Milon, lui donne le titre de a prieur de Saint-Nicolas de Choisis 2. » On pourra s'étonner qu'il ne se soit fait si longtemps aucun scrupule de posséder des biens d'Église, abus sans doute alors très-commun, mais qui n'en était pas moins condamnable, et n'ait pas suivi sur ce point l'exemple que lui donnait Boileau3. Il ne faut pas du moins, confondant les époques de sa vie, chercher entre cette facilité de conscience et sa dévotion, qui n'est point de ces annéeslà, une contradiction tout à fait imaginaire. Il se conduisait encore suivant les maximes du monde. N'oublions pas que dans le même temps un autre grand poète, dont le caractère est très-respectable, sollicitait aussi des bénéfices. On connaît le placet de Corneille au Roi :
Plaise au Roi ne plus oublier Qu'il m'a depuis quatre ans promis un bénéfice...,
et l'Epître qui se termine par ce vers :
Sire , un bon mot , de grâce , au Père de la Chaise4.