‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 127 sur 311 · Tome II, p. 253 et · texte numérisé non relu

Tome II, p. 253 et

3. Voici la note de Brossette sur levers 3 de l'épître XI : a Après la composition de cette épître, la plupart des personnes qui alloient voir l'auteur, félicitoient maître Antoine de l'honneur que son maître lui avoit fait.... Le P. Bouhours, jésuite, lui en fit compliment comme les autres : A7' 'est-il pas vrai , maître Antoine, lui dit-il d'un air railleur, que ï Épître que votre maître vous a adressée est la plus belle de ses poésies? — Nenni da, mon Père , répondit maître Antoine, c'est celle de l'Amour de Dieu. » [OEuvres de Boileau, 1716, tome I, P- 270-)

Vyi MÉMOIRES SUR LA ViE

On sait que dans ses dernières années il s'occupa de sa satire sur r Équivoque i , pour laquelle il eut cette tendresse que les auteurs ont ordinairement pour les productions de leur vieillesse. Il la lisoit à ses amis, mais il ne vouloit plus que leurs applaudissements : ce n'étoit plus ce poëte qui autrefois demandoit des critiques, et qui disoit aux autres :

Ecoutez tout le monde, assidu consultant2.

Il redevint même amoureux de plusieurs vers qu'il avoit retranches de ses ouvrages par le conseil de mon père : il les y fit rentrer, lorsqu'il donna sa dernière édition 3.

Il la revit avec soin, et dit à un ami qui le trouva attaché à ce travail : « Il est bien honteux de m'occuper encore de rimes et de toutes ces niaiseries du Parnasse, quand je ne devrois songer qu'au compte que je suis près d'aller rendre à Dieu, j> On a toujours vu en lui le poëte et le chrétien *.

Monsieur le duc d'Orléans l'invita à dîner : c'étoit un jour maigre, et on n' avoit servi que du gras sur la table. On s'aperçut qu'il ne touchoit qu'à son pain : « II faut bien, lui dit le prince, que vous mangiez gras comme les autres ; on a oublié le maigre. » Boileau lui répondit : a Vous n'avez qu'à frapper du pied, Monseigneur, et les poissons sortiront de terre. » Cette aliusion au mot de Pompée fit plaisir à la compagnie, et sa constance à ne point vouloir toucher au gras lui fit honneur.

Il se félicitoit avec raison de la pureté de ses ouvrages : « C'est une grande consolation, disoit-il, pour un poëte qui va mourir, de n'avoir jamais offensé les mœurs. » A quoi on pourroit ajouter, et de n'avoir jamais offensé personne.

i. Boileau l'avait achevée au mois de novembre 1705. Elle ne put être publiée qu'après sa mort, en 171 1.

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