Junge complexus priorJ
Qui tôt labores totque perpessus mata, Longo purentem Jessus exilio vides.
(Sénèque, Phéniciennes, vers 464-466
Tout cela dit assez que le trône est à moi ;
Et tant que je respire, il ne peut être à toi. um
POLYNICE
Tu sais qu'injustement tu remplis cette place.
ETEOCLE.
L'injustice me plaît, pourvu que je t'en chasse1.
POLTSICE.
Si tu n'en veux sortir, tu pourras en tomber.
Si je tombe, avec moi tu pourras succomber.
JOCASTE
O Dieux ! que je me vois cruellement déçue ! ion
N'avois-je tant pressé cette fatale vue,
Que pour les désunir encor plus que jamais?
Ah ! mes fils, est-ce là comme on parle de paix ?
Quittez, au nom des Dieux, ces tragiques pensées.
Ne renouvelez point vos discordes passées : 1020
Vous n'êtes pas ici dans un champ inhumain.
Est-ce moi qui vous mets2 les armes à la main?
Considérez ces lieux où vous prîtes naissance :
Leur aspect sur vos cœurs n'a-t-il point de puissance ?
C'est ici que tous deux vous reçûtes le jour; 1025
Tout ne vous parle ici que de paix et d'amour :
Ces princes, votre sœur, tout condamne vos haines ;
Enfin moi, qui pour vous pris toujours tant de peines,
Qui pour vous réunir immolerois — Hélas!
Ils détournent la tête, et ne m'écoutent pas ! 1 o3o
1. Racine parait ici avoir imité directement Euripide, ce qui est rare dans cette pièce :
DCA. ToO /tépoui *'/.&■> to TzXiïov; 'eteok. $»}/*'. A.Tta.\X<x3sou 8è yfo.
[Phéniciennes, vers 604.)
2. Toutes les éditions imprimées du vivant de Racine ont:« qui vous met, » et non : « qui vous mets. »