‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 210 sur 311 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

11 faut finir ainsi cette guerre inhumaine.

Oui, cruel, et c'est là le dessein qui m'amène.

Moi-même à ce combat j'ai voulu t'appeler; i 06 5

A tout autre qu'à toi je craignois d'en parler;

Tout autre auroit voulu condamner ma pensée,

Et personne en ces lieux ne te l'eût annoncée.

Je te l'annonce donc. C'est à toi de prouver

Si ce que tu ravis tu le sais conserver1. 1070

Montre- toi digne enfin dune si belle proie.

ÉTÉOCLE

J'accepte ton dessein, et l'accepte avec joie2.

Créon sait là-dessus quel étoit mon désir :

J'eusse accepté le trône avec moins de plaisir.

Je te crois maintenant digne du diadème , 1075

Et te le vais porter au bout de ce fer même'.

JOCASTE

Hâtez-vous donc, cruels, de me percer le sein; Et commencez par moi votre horrible dessein * . Ne considérez point que je suis votre mère,

1. A ce vers d'Olivet indique une variante qui n'est dans aucune des éditions publiées du vivant de Racine : « tu sais le conserver, » au lieu de : a tu le sais conserver. »

2. Etéocle répond ainsi à la provocation de Polynice dans les Phéniciennes d'Euripide (vers 6^3) :

Kàfj.è roOâ' spaii, è'ysi.

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