‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 217 sur 311 · Le passage de Rotrou · texte numérisé non relu

Le passage de Rotrou

Mais quoi ? son règne plaît , le vôtre est redouté , que nous avons cité déjà au vers 498, paraît avoir été imité ici une seconde fois.

JOCASTE

Il a pour lui le peuple.

POLYNJCE.

Et j'ai pour moi les Dieux.

ÉTEOCLE.

Les Dieux de ce haut ransrte vouloient interdire,

Puisqu'ils m'ont élevé le premier à l'empire :

Ils ne savoient que trop, lorsqu'ils firent ce choix ,

Qu'on veut régner toujours quand on règne une fois.

Jamais dessus le trône on ne vit plus d'un maître;

Il n'en peut tenir deux , quelque grand qu'il puisse être :

L'un des deux tôt ou tard se verroit renversé,

Et d'un autre soi-même on y seroit pressé.

Jugez donc, par l'horreur que ce méchant me donne1,

Si je puis avec lui partager la couronne.

POLYNICE

Et moi je ne veux plus, tant tu m'es odieux , Partager avec toi la lumière des cieux.

JOCASTE

Allez donc, j'y consens, allez perdre la vie2. A ce cruel combat tous deux je vous convie. n8o

Puisque tous mes efforts ne sauroient vous changer, Que tardez-vous? allez vous perdre et me venger.

i . D'Olivet et M. Aimé-Martin donnent cette variante, que nous n'avons rencontrée nulle part :

Jugez donc par l'borreur que ce méchant nous donne.

2. Jocaste, dans VAntigoœ de Rotrou, fait éclater son désespoir de la même manière; elle menace également ses fils de sa mort. Le mouvement des deux morceaux est tout semblable :

Bien ! puisque ni sanglots, ni prières, ni larmes Ne peuvent de vos mains faire tomber les armes.... Ma constance est a bout, la nature se tait.... Adieu, non plus mes fils, mais odieuses pestes.... Vous ne mourrez, pas seuls, et je suivrai vos pas.

(Acte II, scène IV.)

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