Le passage de Rotrou
Mais quoi ? son règne plaît , le vôtre est redouté , que nous avons cité déjà au vers 498, paraît avoir été imité ici une seconde fois.
JOCASTE
Il a pour lui le peuple.
POLYNJCE.
Et j'ai pour moi les Dieux.
ÉTEOCLE.
Les Dieux de ce haut ransrte vouloient interdire,
Puisqu'ils m'ont élevé le premier à l'empire :
Ils ne savoient que trop, lorsqu'ils firent ce choix ,
Qu'on veut régner toujours quand on règne une fois.
Jamais dessus le trône on ne vit plus d'un maître;
Il n'en peut tenir deux , quelque grand qu'il puisse être :
L'un des deux tôt ou tard se verroit renversé,
Et d'un autre soi-même on y seroit pressé.
Jugez donc, par l'horreur que ce méchant me donne1,
Si je puis avec lui partager la couronne.
POLYNICE
Et moi je ne veux plus, tant tu m'es odieux , Partager avec toi la lumière des cieux.
JOCASTE
Allez donc, j'y consens, allez perdre la vie2. A ce cruel combat tous deux je vous convie. n8o
Puisque tous mes efforts ne sauroient vous changer, Que tardez-vous? allez vous perdre et me venger.
i . D'Olivet et M. Aimé-Martin donnent cette variante, que nous n'avons rencontrée nulle part :
Jugez donc par l'borreur que ce méchant nous donne.
2. Jocaste, dans VAntigoœ de Rotrou, fait éclater son désespoir de la même manière; elle menace également ses fils de sa mort. Le mouvement des deux morceaux est tout semblable :
Bien ! puisque ni sanglots, ni prières, ni larmes Ne peuvent de vos mains faire tomber les armes.... Ma constance est a bout, la nature se tait.... Adieu, non plus mes fils, mais odieuses pestes.... Vous ne mourrez, pas seuls, et je suivrai vos pas.
(Acte II, scène IV.)